Nous vivons une époque de profonds bouleversements

Nous vivons une époque de profonds bouleversements

L’ère d’une paix fragile et d’une stabilité relative est révolue, et l’humanité est désormais confrontée à de nombreux défis et menaces inédits

Hier, l’unité des forces spéciales américaines « Delta Force » a mené avec succès une opération qui a abouti à l’arrestation et à l’extradition vers les États-Unis du président vénézuélien Nicolás Maduro et de son épouse.
Au regard du droit international moderne, cette action peut être considérée comme une ingérence illégale dans les affaires d’un État souverain. Mais, qu’advient-il si le chef de cet État, par ses actes illégaux, porte atteinte à un autre État souverain ?
Le droit international n’apporte pas de réponse à cette question, car il ne dispose pas d’institutions coercitives permettant de demander des comptes au contrevenant et de l’obliger à respecter les normes juridiques généralement reconnues.
Lors de son invasion en Ukraine, le président russe Vladimir Poutine a lui aussi fait fi du droit international, guidé uniquement par ses intérêts personnels et ses ambitions démesurées. En conséquence, la guerre sanglante russo-ukrainienne fait rage depuis près de quatre ans, et son issue reste incertaine.
En décidant d’envahir l’Ukraine, le président russe a manifestement surestimé ses forces et ses capacités. Poutine se prenait pour un homme fort, mais il s’avère, comme l’a si justement décrit Donald Trump, qu’il n’est qu’un « tigre de papier ».
Pendant ce temps, les forces spéciales américaines ont mené une opération réussie, et l’ennemi des États-Unis, Nicolas Maduro, est désormais traduit en justice par les États-Unis.
Ceci s’explique par l’inefficacité du droit international moderne. Il n’a pas empêché Poutine d’attaquer l’Ukraine et n’a offert au gouvernement américain aucune chance réelle de traduire en justice le président vénézuélien Nicolas Maduro, soupçonné de multiples infractions.
C’est pourquoi les forces spéciales américaines sont venues en aide à la justice américaine. Il est clair que les soldats de la Delta Force ont agi sur ordre des plus hautes autorités militaires et politiques de leur pays, et il convient de souligner qu’ils ont accompli leur mission avec brio.
En conclusion, la loi du plus fort prévaut aujourd’hui dans le monde, et il est peu probable que la situation évolue prochainement. À tout le moins, cela restera le cas jusqu’à ce que le droit international se dote d’organes judiciaires et répressifs supranationaux, ainsi que d’institutions chargées de son application.
Il convient de noter que, récemment encore, le droit international n’était appliqué que grâce aux États-Unis, qui se sont volontairement arrogé le rôle de gendarme international.
À cet égard, l’invasion du Koweït par l’Irak sous Saddam Hussein mérite d’être évoquée. L’agresseur n’a pas été stoppé par une résolution de l’ONU, mais par le recours à la force par la coalition internationale menée par les États-Unis.
Un bref examen des principaux événements internationaux survenus au cours des dernières décennies suggère que la paix et la stabilité dans le monde ne seront possibles que lorsque l’ONU aura entrepris une réforme en profondeur et que le droit international deviendra contraignant, les contrevenants étant soumis à des sanctions justes et inévitables.
Oleg Berezyuk,
Institut de Politique Globale

Схожі публікації