{"id":32190,"date":"2025-11-26T00:01:56","date_gmt":"2025-11-25T21:01:56","guid":{"rendered":"https:\/\/igp.org.ua\/?p=32190"},"modified":"2026-04-05T12:28:27","modified_gmt":"2026-04-05T09:28:27","slug":"slovacka-informacijna-sluzhba","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/igp.org.ua\/fr\/publikacii\/slovacka-informacijna-sluzhba\/","title":{"rendered":"Le Service d&#8217;information slovaque"},"content":{"rendered":"<h1 style=\"text-align: justify;\">Le Service d&#8217;information slovaque : entre crises et scandales politiques.<\/h1>\n<p style=\"text-align: left; padding-left: 80px;\"><em>Le Service d&#8217;information slovaque (SIS[1]) a \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9 en 1993 apr\u00e8s l&#8217;effondrement de la R\u00e9publique f\u00e9d\u00e9rale tch\u00e8que et slovaque. Il aurait pu rompre avec son pass\u00e9 communiste et devenir un instrument de s\u00e9curit\u00e9 pour le jeune \u00c9tat.[2] Cependant, dans les faits, presque d\u00e8s sa cr\u00e9ation, le SIS est devenu un instrument d&#8217;influence politique. Il \u00e9tait alourdi par l&#8217;h\u00e9ritage du Service de s\u00e9curit\u00e9 d&#8217;\u00c9tat (SGB), la police politique de la R\u00e9publique socialiste tch\u00e9coslovaque dont le personnel et les m\u00e9thodes avaient en partie impr\u00e9gn\u00e9 ses structures.[3]<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Au cours des d\u00e9cennies suivantes, le SIS s&#8217;est retrouv\u00e9 \u00e0 maintes reprises au c\u0153ur de scandales, depuis ses propres op\u00e9rations brutales dans les ann\u00e9es 1990, li\u00e9es \u00e0 des affaires de corruption, jusqu&#8217;aux controverses actuelles concernant sa politisation et son orientation strat\u00e9gique.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Contrairement \u00e0 la R\u00e9publique tch\u00e8que qui a adopt\u00e9 en 1991 une loi de lustration interdisant aux anciens officiers du SGB de travailler pour l&#8217;\u00c9tat, la Slovaquie n&#8217;a pas instaur\u00e9 de r\u00e9glementation similaire. Le processus de r\u00e9forme et de s\u00e9lection du personnel au sein du secteur de la s\u00e9curit\u00e9 \u00e9tait incoh\u00e9rent et vuln\u00e9rable aux influences politiques.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">De ce fait, les partenaires occidentaux ont fait preuve d&#8217;une prudence accrue dans le partage d&#8217;informations avec Bratislava dans les ann\u00e9es 1990, craignant des fuites de renseignements et l&#8217;instabilit\u00e9 des services de s\u00e9curit\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L&#8217;absence de r\u00e9formes structurelles d\u00e8s le d\u00e9part a emp\u00each\u00e9 le SIS de d\u00e9velopper pleinement une culture institutionnelle fond\u00e9e sur la transparence des organes de contr\u00f4le et l&#8217;apolitisme. Parall\u00e8lement, le SIS a perp\u00e9tu\u00e9 une loyaut\u00e9 envers les autorit\u00e9s plut\u00f4t qu&#8217;envers l&#8217;\u00c9tat, ce qui a contribu\u00e9 \u00e0 sa politisation au cours des d\u00e9cennies suivantes.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les noires ann\u00e9es 90 &nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En ao\u00fbt 1995, Michal Kov\u00e1\u010d Jr., fils du pr\u00e9sident slovaque de l&#8217;\u00e9poque, a \u00e9t\u00e9 enlev\u00e9. Une enqu\u00eate des autorit\u00e9s autrichiennes a r\u00e9v\u00e9l\u00e9 que l&#8217;op\u00e9ration avait \u00e9t\u00e9 men\u00e9e par des agents du SIS agissant sur ordre du gouvernement du Premier ministre Vladim\u00edr Me\u010diar [4]. La victime a \u00e9t\u00e9 battue, drogu\u00e9e et emmen\u00e9e en Autriche, o\u00f9 elle a \u00e9t\u00e9 abandonn\u00e9e devant un commissariat de police \u00e0 Hainburg. L&#8217;objectif de cette op\u00e9ration \u00e9tait de discr\u00e9diter le chef de l&#8217;\u00c9tat, un opposant politique au Premier ministre.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En avril 1996, \u00e0 Bratislava, un attentat \u00e0 la voiture pi\u00e9g\u00e9e co\u00fbta la vie \u00e0 Robert Remi\u00e1\u0161, ancien policier et t\u00e9moin dans l&#8217;affaire d&#8217;enl\u00e8vement. Des journalistes d\u00e9couvrirent qu&#8217;il \u00e9tait surveill\u00e9 par le SIS depuis plusieurs mois et que son t\u00e9l\u00e9phone \u00e9tait sur \u00e9coute. Apparemment, le meurtre de Robert Remi\u00e1\u0161 visait \u00e0 dissuader quiconque de r\u00e9v\u00e9ler les activit\u00e9s secr\u00e8tes des services de renseignement.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En 1998, Vladim\u00edr Me\u010diar promulgua une loi accordant l&#8217;amnistie aux responsables de cette affaire, dont le tristement c\u00e9l\u00e8bre chef du SIS de l&#8217;\u00e9poque, Ivan Lex [5]. Comme le rapporta le Slovak Spectator, cette d\u00e9cision devint un symbole d&#8217;impunit\u00e9 et porta gravement atteinte \u00e0 l&#8217;image de l&#8217;\u00c9tat de droit.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Op\u00e9ration \u00abGorilla\u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Apr\u00e8s une d\u00e9cennie de calme relatif, le SIS se retrouva une fois de plus au c\u0153ur d&#8217;un scandale. Entre 2005 et 2006, sous le gouvernement du Premier ministre Mikul\u00e1\u0161 Dzurinda [6], le SIS a lanc\u00e9 l&#8217;op\u00e9ration \u00ab&nbsp;Gorilla&nbsp;\u00bb. Son objectif \u00e9tait de surveiller les contacts entre des membres de la coalition au pouvoir et des repr\u00e9sentants du groupe d&#8217;investissement financier Penta Investments, soup\u00e7onn\u00e9 de corruption lors de la privatisation d&#8217;entreprises \u00e9nerg\u00e9tiques.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le SIS a enregistr\u00e9 des conversations \u00e9voquant des pots-de-vin, des commissions occultes et des accords informels entre hommes politiques et hommes d&#8217;affaires. Ces enregistrements ont r\u00e9v\u00e9l\u00e9 la nature structurelle de la corruption dans la vie publique. Suite \u00e0 la fuite de documents classifi\u00e9s et \u00e0 leur publication en d\u00e9cembre 2011, la BBC News &nbsp;a conclu que cette affaire mettait au jour un syst\u00e8me o\u00f9 l&#8217;int\u00e9r\u00eat public \u00e9tait subordonn\u00e9 \u00e0 des arrangements financiers priv\u00e9s.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En 2020, la police a arr\u00eat\u00e9 Jaroslav Ga\u0161\u010d\u00e1k, copropri\u00e9taire de Penta Investments, mais deux ans plus tard, les charges ont \u00e9t\u00e9 abandonn\u00e9es faute de preuves [7]. Selon Transparency International Slovaquie, cette absence de responsabilit\u00e9 a renforc\u00e9 le sentiment d&#8217;impunit\u00e9 au sein de l&#8217;\u00e9lite politique. Des experts occidentaux ont soulign\u00e9 que l&#8217;affaire \u00abGorilla\u00bb avait r\u00e9v\u00e9l\u00e9 la double nature du SIS, op\u00e9rant \u00e0 la crois\u00e9e du politique et du contre-espionnage sans contr\u00f4le ad\u00e9quat. Ils ont \u00e9galement not\u00e9 que la faiblesse du contr\u00f4le parlementaire sur les services de renseignement favorisait la corruption et les abus.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">D&#8217;une alliance politico-\u00e9conomique \u00e0 l&#8217;assassinat de J\u00e1n Kuciak<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pendant plus de vingt ans, le millionnaire Marian Ko\u010dner a incarn\u00e9 l&#8217;impunit\u00e9 pour l&#8217;\u00e9lite politique et \u00e9conomique slovaque. Les m\u00e9dias le d\u00e9crivaient comme une figure \u00e0 la fronti\u00e8re entre la politique, les services de renseignement et le monde financier, capable d&#8217;exploiter ses relations au sein de l&#8217;appareil d&#8217;\u00c9tat et du syst\u00e8me judiciaire pour servir ses propres int\u00e9r\u00eats.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans les ann\u00e9es 1990, il entretenait des liens avec des responsables du gouvernement de Vladim\u00edr Me\u010diar et des agents du SIS. Il \u00e9tait consid\u00e9r\u00e9 comme un homme qui connaissait tout le monde, des politiciens aux procureurs. Le nom de Marian Ko\u010dner est apparu dans de nombreux scandales financiers, dont l&#8217;affaire \u00ab&nbsp;Gorilla&nbsp;\u00bb. Selon des journalistes, il avait des contacts avec des agents du SIS et les utilisait pour r\u00e9gler ses conflits d&#8217;int\u00e9r\u00eats.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L&#8217;ancien chef de l&#8217;unit\u00e9 de contre-espionnage du SIS, Peter T\u00f3th, a t\u00e9moign\u00e9 devant la police qu&#8217;\u00e0 la demande de Marian Ko\u010dner, il avait organis\u00e9 la surveillance de journalistes, notamment J\u00e1n Kuciak, Monika Todov\u00e1 et d&#8217;autres reporters. Cette op\u00e9ration ill\u00e9gale a d\u00e9but\u00e9 au premier trimestre 2017 et ciblait les activit\u00e9s m\u00e9diatiques pr\u00e9judiciables aux int\u00e9r\u00eats du millionnaire. Peter T\u00f3th a recrut\u00e9 Myroslav Kr\u00e1k, l&#8217;ancien chef adjoint de l&#8217;unit\u00e9 de surveillance ext\u00e9rieure du SIS, pour mener \u00e0 bien cette surveillance. Par la suite, des officiers de renseignement retrait\u00e9s se sont d\u00e9fendus en affirmant qu&#8217;ils n&#8217;espionnaient pas les journalistes (au sens traditionnel du terme), mais agissaient simplement comme des paparazzis. La couverture m\u00e9diatique fr\u00e9quente des activit\u00e9s parall\u00e8les d&#8217;anciens agents du SIS a exacerb\u00e9 la crise de confiance envers les services de renseignement et l&#8217;\u00c9tat.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En f\u00e9vrier 2018, le journaliste d&#8217;investigation J\u00e1n Kuciak et sa fianc\u00e9e, Martina Ku\u0161n\u00edrov\u00e1, ont \u00e9t\u00e9 assassin\u00e9s. Il travaillait sur une s\u00e9rie d&#8217;enqu\u00eates r\u00e9v\u00e9lant les liens de Marian Ko\u010dner avec des hommes politiques et des hommes d&#8217;affaires, ainsi que les m\u00e9canismes de ses malversations financi\u00e8res.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Selon l&#8217;acte d&#8217;accusation du Parquet sp\u00e9cial, le millionnaire aurait commandit\u00e9 le meurtre en repr\u00e9sailles \u00e0 des publications compromettantes. Le proc\u00e8s a d\u00e9but\u00e9 en 2020. Le tribunal de premi\u00e8re instance a acquitt\u00e9 Marian Ko\u010dner, mais un an plus tard, la Cour supr\u00eame de Slovaquie a cass\u00e9 le jugement et ordonn\u00e9 un nouveau proc\u00e8s. Les lourdeurs administratives persistent encore aujourd&#8217;hui, et le millionnaire purge une peine de 19 ans de prison pour falsification de reconnaissances de dette dans l&#8217;affaire TV Mark\u00edza [8].<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Selon Transparency International Slovaquie, le meurtre de J\u00e1n Kuciak et le proc\u00e8s de Marian Ko\u010dner ont marqu\u00e9 un tournant&nbsp;: la soci\u00e9t\u00e9 slovaque a rejet\u00e9 la culture de l&#8217;impunit\u00e9 et contraint le gouvernement et les forces de s\u00e9curit\u00e9 \u00e0 r\u00e9pondre de leurs actes. Une vague de manifestations au printemps 2018 a entra\u00een\u00e9 la d\u00e9mission du ministre de l&#8217;Int\u00e9rieur, Tom\u00e1\u0161 Drucker, du chef de la police, Tibor Ga\u0161par, et du Premier ministre, Robert Fico. Les m\u00e9dias slovaques ont alors \u00e9crit que Marian Ko\u010dner n&#8217;\u00e9tait pas seulement un criminel, mais le symbole d&#8217;un syst\u00e8me o\u00f9 le gouvernement, les entreprises et les forces de s\u00e9curit\u00e9 se croyaient au-dessus des lois.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">D\u00e9but novembre 2025, il a \u00e9t\u00e9 annonc\u00e9 que le millionnaire soup\u00e7onn\u00e9 d&#8217;avoir commandit\u00e9 l&#8217;assassinat de J\u00e1n Kuciak et de sa fianc\u00e9e serait rejug\u00e9 en janvier 2026 par un nouveau jury.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le SIS replonge dans la tourmente politique<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En 2024, le SIS s&#8217;est retrouv\u00e9 une fois de plus au c\u0153ur d&#8217;une controverse politique concernant les normes \u00e9tatiques, l&#8217;ind\u00e9pendance des services de renseignement et les limites de leur loyaut\u00e9 envers le gouvernement. La nomination de Pavol Gaspar, fils de l&#8217;ancien chef de la police et actuel vice-pr\u00e9sident du Conseil national (Parlement) slovaque, Tibor Gaspar [9], \u00e0 la t\u00eate du SIS est devenue embl\u00e9matique de ces tensions. Cette d\u00e9cision du Premier ministre Robert Fico ne relevait pas d&#8217;un simple remaniement de personnel, mais s&#8217;inscrivait dans une strat\u00e9gie politique plus large visant \u00e0 politiser davantage les services de renseignement.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00c0 la suite des \u00e9lections de 2023, Pavol Gaspar a \u00e9t\u00e9 nomm\u00e9 secr\u00e9taire d&#8217;\u00c9tat au minist\u00e8re de la Justice. \u00c0 ce poste, il a particip\u00e9 activement \u00e0 la pr\u00e9paration et au lobbying en faveur d&#8217;amendements au Code p\u00e9nal qui, selon les critiques, ont consid\u00e9rablement affaibli la lutte contre la corruption et la criminalit\u00e9 \u00e9conomique. Ces modifications comprenaient notamment la suppression ou la limitation des comp\u00e9tences du Parquet sp\u00e9cial [10] et l&#8217;all\u00e8gement des peines pour certains d\u00e9lits financiers.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ce projet, adopt\u00e9 en proc\u00e9dure acc\u00e9l\u00e9r\u00e9e, a \u00e9t\u00e9 l&#8217;une des lois les plus controvers\u00e9es depuis 2020, minant la cr\u00e9dibilit\u00e9 du gouvernement aupr\u00e8s des institutions de l&#8217;UE et de ses partenaires occidentaux. Le r\u00f4le de Pavol Ga\u0161par dans ce processus \u2013 en tant que l&#8217;un des responsables de la supervision de la r\u00e9forme \u2013 a renforc\u00e9 l&#8217;impression que sa nomination ult\u00e9rieure \u00e0 la t\u00eate du SIS \u00e9tait motiv\u00e9e par des consid\u00e9rations politiques et r\u00e9sultait de sa loyaut\u00e9 envers la coalition au pouvoir.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les m\u00e9dias ont couvert les premiers contacts de Pavol Ga\u0161par avec des personnalit\u00e9s politiques du parti de Robert Fico \u00abObjectif &#8211; d\u00e9mocratie&nbsp; sociale\u00bb et des \u00abmilieux oligarchiques de Nitra\u00bb [11], ainsi que sa participation \u00e0 des r\u00e9unions au \u00ab&nbsp;Maison de chasseur&nbsp;\u00bb, o\u00f9 \u00e9taient discut\u00e9es des strat\u00e9gies d&#8217;influence sur le syst\u00e8me judiciaire. Avant sa nomination [12], le gouvernement a modifi\u00e9 les crit\u00e8res de s\u00e9lection du chef du SIS, une mesure que les critiques ont jug\u00e9e opportuniste. Tibor Ga\u0161par a d\u00e9fendu son fils, affirmant que la moiti\u00e9 des pr\u00e9c\u00e9dents directeurs des services de renseignement n&#8217;avaient pas son exp\u00e9rience [13].<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L&#8217;opposition consid\u00e9rait la nomination de Pavol Gaspar comme risqu\u00e9e et pr\u00e9judiciable \u00e0 la coop\u00e9ration avec l&#8217;OTAN et l&#8217;UE. Cependant, les partisans du gouvernement affirmaient que le nouveau directeur du SIS remplissait les conditions requises et b\u00e9n\u00e9ficiait de la confiance du Premier ministre. Les experts estiment que la politique de personnel du SIS s&#8217;inscrit dans un processus de mainmise sur les services de renseignement [14] et un rapprochement progressif avec Moscou.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ces controverses se sont intensifi\u00e9es apr\u00e8s l&#8217;accident de route survenu \u00e0 Nitra en ao\u00fbt 2025, dans lequel Pavol Gaspar a \u00e9t\u00e9 impliqu\u00e9 et o\u00f9 un mineur a \u00e9t\u00e9 bless\u00e9. Selon les m\u00e9dias, le directeur du SIS aurait m\u00eame pris la fuite. Il s&#8217;est av\u00e9r\u00e9 qu&#8217;il poss\u00e9dait une Dodge Challenger SRT Hellcat, qu&#8217;il n&#8217;avait pas d\u00e9clar\u00e9e dans sa d\u00e9claration des avoirs. L&#8217;opposition slovaque a exig\u00e9 sa d\u00e9mission, ce \u00e0 quoi Pavol Gaspar a r\u00e9pondu qu&#8217;il ne d\u00e9missionnerait \u00ab que si la loi l&#8217;exige \u00bb. Son p\u00e8re, Tibor Gaspar, a d\u00e9clar\u00e9 que si son fils \u00e9tait reconnu coupable, il \u00ab en subirait les cons\u00e9quences \u00bb. Les experts estiment que la situation actuelle au sein du SIS r\u00e9sulte d&#8217;un manque de transparence persistant et d&#8217;un contr\u00f4le parlementaire insuffisant, et l&#8217;affaire Pavol Ga\u0161par d\u00e9montre le caract\u00e8re syst\u00e9mique du probl\u00e8me.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">R\u00e9ponse occidentale et cons\u00e9quences nationales<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Selon la Commission europ\u00e9enne, les diff\u00e9rends relatifs \u00e0 l&#8217;\u00e9tat de droit, l&#8217;\u00e9volution rapide de la l\u00e9gislation p\u00e9nale, les tensions concernant l&#8217;ind\u00e9pendance des forces de l&#8217;ordre et les accusations port\u00e9es contre la direction du SIS \u00e9rodent la confiance dans les institutions charg\u00e9es de la s\u00e9curit\u00e9 et de la coop\u00e9ration internationale. Ce point de vue est partag\u00e9 par le D\u00e9partement d&#8217;\u00c9tat am\u00e9ricain.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Un contr\u00f4le insuffisant et un manque de transparence contraignent les partenaires occidentaux \u00e0 la prudence dans le partage de renseignements et limitent leur coop\u00e9ration avec le SIS.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En interne, le service de renseignement demeure une organisation \u00e0 double identit\u00e9, tiraill\u00e9e entre sa mission de protection de la s\u00e9curit\u00e9 nationale et la tentation de se livrer \u00e0 des man\u0153uvres politiques. L&#8217;opposition exige transparence et contr\u00f4le parlementaire effectif, tandis que le gouvernement d\u00e9fend le secret et l&#8217;autonomie du SIS.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ce d\u00e9s\u00e9quilibre permet au pouvoir ex\u00e9cutif d&#8217;instrumentaliser le service de renseignement \u00e0 des fins du parti politiaue, et les citoyens perdent confiance dans le concept m\u00eame de s\u00e9curit\u00e9 nationale.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Comme le conclut Transparency International Slovaquie&nbsp;: \u00ab&nbsp;Tant qu\u2019un v\u00e9ritable contr\u00f4le d\u00e9mocratique sur le SIS ne sera pas instaur\u00e9, la Slovaquie continuera d\u2019op\u00e9rer sous l\u2019influence de ses propres structures clandestines dont la loyaut\u00e9 envers l\u2019\u00c9tat et ses citoyens demeure une question ouverte.\u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: right;\"><strong>Volodymyr Palyvoda,<br \/>\n<\/strong>Expert en relations internationales<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Vladimir Palivoda<\/p>\n<p>Le Service d&#8217;information slovaque (SIS[1]) a \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9 en 1993 apr\u00e8s l&#8217;effondrement de la R\u00e9publique f\u00e9d\u00e9rale tch\u00e8que et slovaque<\/p>\n","protected":false},"author":8,"featured_media":32205,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_crdt_document":"","ngg_post_thumbnail":0,"footnotes":""},"categories":[261,260],"tags":[270],"class_list":["post-32190","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-analitika","category-publikacii","tag-palivoda","wp-image-borders"],"translation":{"provider":"WPGlobus","version":"3.0.2","language":"fr","enabled_languages":["uk","en","ru","fr","ar"],"languages":{"uk":{"title":true,"content":true,"excerpt":true},"en":{"title":true,"content":true,"excerpt":true},"ru":{"title":true,"content":true,"excerpt":true},"fr":{"title":true,"content":true,"excerpt":true},"ar":{"title":false,"content":false,"excerpt":false}}},"gutentor_comment":0,"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO plugin v27.3 - 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