{"id":32858,"date":"2026-01-27T00:01:06","date_gmt":"2026-01-26T21:01:06","guid":{"rendered":"https:\/\/igp.org.ua\/?p=32858"},"modified":"2026-04-05T12:27:34","modified_gmt":"2026-04-05T09:27:34","slug":"bilorus-u-geopolitichnix-planax-kitayu","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/igp.org.ua\/fr\/publikacii\/bilorus-u-geopolitichnix-planax-kitayu\/","title":{"rendered":"La Bi\u00e9lorussie dans les plans g\u00e9opolitiques de la Chine"},"content":{"rendered":"<h1 style=\"text-align: justify;\">La Bi\u00e9lorussie dans les plans g\u00e9opolitiques de la Chine<\/h1>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ces derni\u00e8res ann\u00e9es, la pr\u00e9sence chinoise en Bi\u00e9lorussie est devenue l&#8217;un des th\u00e8mes les plus fr\u00e9quemment \u00e9voqu\u00e9s dans les descriptions du pr\u00e9tendu \u00ab nouveau Grand Jeu \u00bb eurasien [1]. Cependant, un examen plus attentif des photos de propagande l\u00e9gend\u00e9es \u00ab investissements de partenariat \u00bb et une analyse d\u00e9taill\u00e9e r\u00e9v\u00e8lent une situation moins reluisante que ne le laissent entendre les gros titres.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La question primordiale est celle de la port\u00e9e, de l&#8217;ampleur et de la nature de cette pr\u00e9sence. P\u00e9kin propose \u00e0 Minsk des capitaux et des projets industriels, mais cela ne signifie pas pour autant une v\u00e9ritable \u00ab \u00e9chappatoire \u00e0 l&#8217;influence de Moscou \u00bb, comme certains commentateurs tentent de le faire croire. Au contraire, l&#8217;implication de la Chine renforce souvent les asym\u00e9tries et cr\u00e9e de nouvelles d\u00e9pendances qui emp\u00eachent Loukachenko de jouir de la libert\u00e9 que certains tendent \u00e0 lui attribuer.<\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify;\">La Russie domine toujours ses autres partenaires.<\/h2>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les limites de cette influence apparaissent clairement dans les chiffres les plus simples : selon la base de donn\u00e9es \u00abComtrade\u00bb de l&#8217;ONU, les exportations chinoises vers la Bi\u00e9lorussie s&#8217;\u00e9levaient \u00e0 environ 6,58 milliards de dollars en 2024. Il s&#8217;agit d&#8217;une somme consid\u00e9rable dans le contexte du march\u00e9 bi\u00e9lorusse, mais compar\u00e9e aux relations Minsk-Moscou, elle n&#8217;appara\u00eet plus comme une \u00ab seconde source de puissance \u00bb. La Russie demeure un partenaire commercial nettement plus important et, plus important encore, la garante d&#8217;\u00e9l\u00e9ments cl\u00e9s du fonctionnement de l&#8217;\u00c9tat bi\u00e9lorusse : l&#8217;\u00e9nergie, le march\u00e9 industriel et les m\u00e9canismes de soutien fiscal. En termes d&#8217;\u00e9quilibre \u00e9conomique et politique global, Moscou dispose des moyens d&#8217;imposer ses conditions \u00e0 court terme, tandis que P\u00e9kin agit avec lenteur et s\u00e9lectivit\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L&#8217;exemple de \u00abBig Stone\u00bb, le plus grand projet sino-bi\u00e9lorusse [2], illustre parfaitement cette dualit\u00e9. Le parc industriel de \u00abBig Stone\u00bb est pr\u00e9sent\u00e9 comme un \u00e9l\u00e9ment strat\u00e9gique des \u00ab Nouvelles Routes de la Soie \u00bb [3] : une zone d&#8217;investissement b\u00e9n\u00e9ficiant d&#8217;un r\u00e9gime fiscal pr\u00e9f\u00e9rentiel et d&#8217;incitations pour les entreprises chinoises. Les annonces officielles font \u00e9tat de centaines de millions d&#8217;investissements d\u00e9clar\u00e9s et de milliers d&#8217;emplois, tandis que le gouvernement bi\u00e9lorusse \u00e9voque une augmentation du nombre d&#8217;habitants et un investissement d\u00e9clar\u00e9 de pr\u00e8s de 1,5 milliard de dollars. Tout cela para\u00eet prometteur et a une r\u00e9elle importance locale : plusieurs usines, un p\u00f4le logistique, de nouveaux emplois. Mais, traduite en termes de structure de l&#8217;\u00e9conomie nationale et de d\u00e9pendance \u00e9nerg\u00e9tique, cette situation ne repr\u00e9sente qu&#8217;une fraction (et une infime partie) de ce que la Russie apporte r\u00e9ellement : un approvisionnement continu en mati\u00e8res premi\u00e8res, de vastes march\u00e9s et un syst\u00e8me de subventions, sans lesquels l&#8217;\u00e9conomie bi\u00e9lorusse peine rapidement \u00e0 se d\u00e9velopper.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En r\u00e9alit\u00e9, la majeure partie des capitaux chinois se pr\u00e9sente sous forme de pr\u00eats et d&#8217;engagements, et la valeur des investissements directs est nettement inf\u00e9rieure \u00e0 celle indiqu\u00e9e dans les articles de presse vantant le \u00ab boom chinois \u00bb. Une part importante de la participation chinoise prend la forme de pr\u00eats et de projets \u00e0 financement conditionnel, engendrant une d\u00e9pendance financi\u00e8re \u00e0 long terme de la Bi\u00e9lorussie vis-\u00e0-vis des entreprises et des pr\u00eateurs chinois. P\u00e9kin n&#8217;ouvre pas tant la voie \u00e0 une forme d&#8217;ind\u00e9pendance pour Minsk qu&#8217;il ne construit un r\u00e9seau parall\u00e8le de d\u00e9pendances \u00e9conomiques et commerciales dont les cons\u00e9quences politiques sont lentes et parfois limit\u00e9es. Autrement dit, les investissements chinois sont plus susceptibles de reconfigurer les d\u00e9pendances que de les \u00e9liminer.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00c0 l&#8217;inverse, la Russie est le principal partenaire \u00e9conomique de Minsk. Selon les analyses d&#8217;experts occidentaux, sa part dans le commerce bi\u00e9lorusse avoisine actuellement les 70 % du commerce total du pays. Avant m\u00eame la guerre russo-ukrainienne, le B\u00e9larus exportait environ 37 % de ses marchandises vers la Russie (contre pr\u00e8s de 30 % vers l&#8217;UE). Suite au durcissement des sanctions, la part de la Russie en tant que march\u00e9 cible et fournisseur de mati\u00e8res premi\u00e8res et d&#8217;\u00e9nergie a encore augment\u00e9. Dans de nombreux secteurs industriels, les exportations vers la Russie repr\u00e9sentent plus de la moiti\u00e9 du chiffre d&#8217;affaires total. Dans la construction m\u00e9canique et la production agricole, elles atteignent 60 \u00e0 65 %. C&#8217;est ce march\u00e9, et non la Chine ou l&#8217;Europe, qui assure la liquidit\u00e9 des entreprises publiques et garantit les recettes en devises \u00e9trang\u00e8res pour le budget de l&#8217;\u00c9tat.<\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify;\">D\u00e9pendance totale du B\u00e9larus \u00e0 l&#8217;\u00e9gard de la Russie dans le secteur de l&#8217;\u00e9nergie<\/h2>\n<p style=\"text-align: justify;\">L&#8217;\u00e9nergie est le pilier de l&#8217;ensemble du syst\u00e8me. Le B\u00e9larus importe la quasi-totalit\u00e9 de son gaz et de son p\u00e9trole de Russie. En 2024, 98 % de la consommation de gaz du pays \u00e9tait satisfaite par des contrats avec Gazprom, tandis que les approvisionnements en p\u00e9trole \u2013 environ 18 millions de tonnes par an \u2013 d\u00e9pendaient enti\u00e8rement des importations russes. De plus, le prix de cette mati\u00e8re premi\u00e8re est un enjeu politique : Minsk paie en dessous des prix du march\u00e9, mais en contrepartie, elle accepte l\u2019int\u00e9gration syst\u00e9mique, une zone douani\u00e8re commune et des normes de s\u00e9curit\u00e9 partag\u00e9es. Chaque crise gazi\u00e8re a d\u00e9montr\u00e9 que quelques jours de rupture d\u2019approvisionnement suffisent \u00e0 paralyser une part importante de l\u2019\u00e9conomie du pays. En 2023, apr\u00e8s un bref diff\u00e9rend sur les prix, la production des usines chimiques de Grodno et de Novopolotsk a chut\u00e9 de 14 %, contraignant le gouvernement \u00e0 subventionner l\u2019\u00e9nergie destin\u00e9e \u00e0 l\u2019industrie lourde \u00e0 hauteur de 640 millions de roubles bi\u00e9lorusses.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L&#8217;industrie chimique, et notamment la production d&#8217;engrais, joue un r\u00f4le pr\u00e9pond\u00e9rant dans l&#8217;\u00e9conomie bi\u00e9lorusse. Les deux plus grandes entreprises, Belaruskali et Grodno Azot, g\u00e9n\u00e9raient environ 15 % des recettes d&#8217;exportation jusqu&#8217;en 2022, soit plus de 3,5 milliards de dollars par an. Suite aux sanctions de l&#8217;Union europ\u00e9enne et \u00e0 la fermeture des ports baltes, les exportations de potasse ont chut\u00e9 de pr\u00e8s de moiti\u00e9. En 2024, environ 6 millions de tonnes de potasse ont \u00e9t\u00e9 export\u00e9es via les ports russes d&#8217;Oust-Louga et de Mourmansk, contre 12 millions de tonnes en 2020, ann\u00e9e record. De ce fait, le secteur des engrais est aujourd&#8217;hui enti\u00e8rement d\u00e9pendant de la logistique et des infrastructures portuaires russes. En proposant des voies de transport alternatives, la Russie a de facto pris le contr\u00f4le de l&#8217;un des segments les plus rentables des exportations bi\u00e9lorusses.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ce syst\u00e8me \u2013 de l&#8217;\u00e9nergie russe bon march\u00e9 en \u00e9change de la loyaut\u00e9 \u2013 constitue le fondement du mod\u00e8le \u00e9conomique bi\u00e9lorusse moderne. La Chine y figure comme cr\u00e9ancier suppl\u00e9mentaire, et non comme contrepoids. Sur les 6,5 milliards de dollars d&#8217;exportations chinoises vers le B\u00e9larus en 2024, la majorit\u00e9 \u00e9tait constitu\u00e9e de machines et d&#8217;\u00e9quipements \u00e9lectroniques, financ\u00e9s en grande partie par des pr\u00eats de banques d&#8217;\u00c9tat chinoises. Cependant, la valeur des investissements directs chinois \u00e9tait inf\u00e9rieure \u00e0 700 millions de dollars, soit plusieurs fois moins que la dette due \u00e0 P\u00e9kin. Cela signifie que le B\u00e9larus ach\u00e8te de la technologie chinoise avec de l&#8217;argent chinois, qu&#8217;il doit ensuite rembourser par des exportations d\u00e9pendantes des mati\u00e8res premi\u00e8res russes.<\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify;\">Le jeu symbolique de la Chine<\/h2>\n<p style=\"text-align: justify;\">Si la pr\u00e9sence \u00e9conomique de la Chine est relativement discr\u00e8te, progressive et largement financ\u00e9e par des pr\u00eats, P\u00e9kin investit de plus en plus le march\u00e9 plus sensible de la s\u00e9curit\u00e9 et de la d\u00e9fense, tant sur le plan symbolique que politique. C&#8217;est dans le domaine militaire que les autorit\u00e9s de Minsk tentent le plus clairement d&#8217;exploiter la moindre opportunit\u00e9 de man\u0153uvre, tout en restant de fait dans l&#8217;ombre de Moscou.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00c0 l&#8217;\u00e9t\u00e9 2024, les m\u00e9dias internationaux ont diffus\u00e9 des photos de soldats chinois s&#8217;entra\u00eenant sur le terrain d&#8217;entra\u00eenement de Brest dans le cadre des exercices \u00ab Temp\u00eate d&#8217;aigle 2024 \u00bb. Pour Minsk, il s&#8217;agissait d&#8217;un coup de ma\u00eetre en mati\u00e8re de propagande. Cela a d\u00e9montr\u00e9 que le B\u00e9larus est toujours per\u00e7u par les \u00c9tats hors de la r\u00e9gion comme un partenaire, et non comme un simple vassal de la Russie. Cependant, pour P\u00e9kin, cette op\u00e9ration rev\u00eatait une signification bien plus large : une tentative d\u2019investir l\u2019espace g\u00e9ostrat\u00e9gique occidental avec son propre discours, celui d\u2019une Chine non seulement investisseur ou interm\u00e9diaire commercial, mais aussi acteur capable de projeter sa puissance sur le territoire europ\u00e9en.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Selon des experts occidentaux, le choix m\u00eame du lieu et du moment de ces exercices constituait un message politique. Les man\u0153uvres ont d\u00e9but\u00e9 pr\u00e9cis\u00e9ment au moment o\u00f9 Washington accueillait le sommet de l\u2019OTAN consacr\u00e9 au 75e anniversaire de l\u2019Alliance. Tandis que le renforcement de la coop\u00e9ration avec les partenaires de l\u2019Indo-Pacifique \u2013 le Japon, l\u2019Australie et la Cor\u00e9e du Sud \u2013 \u00e9tait d\u00e9battu dans la capitale am\u00e9ricaine, P\u00e9kin envoyait son propre signal depuis l\u2019autre bout du monde : si l\u2019OTAN se tourne vers l\u2019Asie, la Chine pourrait bien appara\u00eetre aux fronti\u00e8res de l\u2019OTAN en Europe.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il s\u2019agissait d\u2019une sorte de \u00ab sym\u00e9trie strat\u00e9gique \u00bb, un reflet des gestes occidentaux envers l\u2019Asie, cette fois-ci adress\u00e9s \u00e0 Minsk. Cependant, si pour la Chine il s&#8217;agissait d&#8217;une exp\u00e9rience politique, pour le B\u00e9larus, l&#8217;op\u00e9ration rev\u00eatait une dimension plus pragmatique : d\u00e9montrer \u00e0 l&#8217;Occident que, malgr\u00e9 l&#8217;isolement et les sanctions, Minsk restait partie int\u00e9grante des flux militaires et \u00e9conomiques mondiaux.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Bien que l&#8217;exercice \u00ab Temp\u00eate d&#8217;aigle 2024 \u00bb ait \u00e9t\u00e9 officiellement pr\u00e9sent\u00e9 comme un exercice antiterroriste, son sc\u00e9nario d\u00e9passait largement le cadre des man\u0153uvres traditionnelles dans ce domaine. Il comprenait des op\u00e9rations a\u00e9roport\u00e9es et de contre-sabotage, ainsi que des simulations de combats en milieu urbain. Il est difficile de les qualifier d&#8217;exercices antiterroristes classiques ; il convient plut\u00f4t de les consid\u00e9rer comme un entra\u00eenement \u00ab contre-r\u00e9volutionnaire \u00bb, conforme \u00e0 la strat\u00e9gie \u00e0 long terme de la Chine et du B\u00e9larus visant \u00e0 renforcer la r\u00e9silience des r\u00e9gimes autoritaires face \u00e0 la pression sociale.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il est important de noter que, sur le plan op\u00e9rationnel, il ne s&#8217;agissait pas de man\u0153uvres de grande envergure. Un peu plus de trois cents soldats, principalement issus des unit\u00e9s a\u00e9roport\u00e9es chinoises, y ont particip\u00e9. Toutefois, la port\u00e9e symbolique de cet \u00e9v\u00e9nement \u00e9tait consid\u00e9rable. Pour la premi\u00e8re fois de son histoire, l&#8217;Arm\u00e9e populaire de lib\u00e9ration chinoise se trouvait si pr\u00e8s des fronti\u00e8res de l&#8217;Union europ\u00e9enne, et donc physiquement dans la zone d&#8217;observation des \u00c9tats membres de l&#8217;OTAN.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mais m\u00eame sur ce point, les Russes sont clairement en t\u00eate. La Russie investit directement dans les infrastructures militaires et \u00e9nerg\u00e9tiques du B\u00e9larus, consid\u00e9rant de plus en plus le territoire de son voisin comme une base logistique. En 2024, la construction d&#8217;une base militaire a d\u00e9but\u00e9 dans la r\u00e9gion de Moguilev. Celle-ci comprendra des d\u00e9p\u00f4ts de carburant, des stations techniques et des infrastructures pour les syst\u00e8mes de missiles \u00e0 courte port\u00e9e. Parall\u00e8lement, les a\u00e9roports de Baranovitchi, Machulishchi et Bobrou\u00efsk sont modernis\u00e9s, avec la construction de nouvelles pistes et d&#8217;abris capables d&#8217;accueillir des bombardiers tactiques russes. Le r\u00e9seau ferroviaire et les terminaux p\u00e9troliers sont \u00e9tendus dans les r\u00e9gions de Gomel et de Mozyr, permettant le transport rapide de mat\u00e9riel militaire et de mati\u00e8res premi\u00e8res vers le sud. Il ne s&#8217;agit pas de projets de partenariat, mais bien de projets d&#8217;int\u00e9gration : ces infrastructures deviennent des extensions de l&#8217;infrastructure militaire russe, et les d\u00e9cisions relatives \u00e0 leur utilisation sont prises \u00e0 Moscou.<\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify;\">D\u00e9pendance totale \u00e0 l&#8217;\u00e9gard de Moscou, notamment en mati\u00e8re de production d&#8217;armements.<\/h2>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le B\u00e9larus ne dispose pas d&#8217;une industrie de d\u00e9fense ind\u00e9pendante capable de produire de mani\u00e8re exhaustive des syst\u00e8mes d&#8217;armes modernes ; il reste d\u00e9pendant des fournisseurs russes, tant sur le plan technologique que logistique. Depuis les ann\u00e9es 1990, les principaux composants de l&#8217;armement des forces arm\u00e9es bi\u00e9lorusses \u2013 avions, syst\u00e8mes de missiles et \u00e9quipements de communication \u2013 proviennent des cha\u00eenes de production russes. En 2024, plus de 90 % du mat\u00e9riel militaire utilis\u00e9 par l&#8217;arm\u00e9e bi\u00e9lorusse \u00e9tait d&#8217;origine russe, et pr\u00e8s de 80 % des acquisitions d&#8217;armements en cours \u00e9taient financ\u00e9es par des pr\u00eats ou des subventions de la F\u00e9d\u00e9ration de Russie.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Minsk ach\u00e8te \u00e0 Moscou non seulement des chars et des syst\u00e8mes antia\u00e9riens, mais aussi des munitions, des pi\u00e8ces d\u00e9tach\u00e9es et de l&#8217;\u00e9lectronique. Le pays modernise \u00e9galement ses \u00e9quipements anciens en Russie. Au cours des cinq derni\u00e8res ann\u00e9es, la Bi\u00e9lorussie a notamment acquis : un lot d&#8217;avions Su-30SM, des syst\u00e8mes de missiles antia\u00e9riens Tor-M2, des lance-roquettes multiples Polonez-M (compos\u00e9s en partie de composants chinois, mais avec une int\u00e9gration syst\u00e8me russe) [4], ainsi que des syst\u00e8mes radar et des drones de surveillance de fabrication russe. La valeur de ces contrats a d\u00e9pass\u00e9 1,1 milliard de dollars, financ\u00e9s en grande partie par des accords au sein de l&#8217;\u00c9tat de&#8217;Union ou par des pr\u00eats \u00e0 long terme \u00e0 des conditions pr\u00e9f\u00e9rentielles.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il est important de noter que Minsk a \u00e9galement perdu la capacit\u00e9 d&#8217;assurer de mani\u00e8re ind\u00e9pendante la maintenance de nombreux syst\u00e8mes d&#8217;armes, notamment les syst\u00e8mes d&#8217;a\u00e9ronefs et de missiles modernes, ce qui n\u00e9cessite une coop\u00e9ration constante avec les usines russes de r\u00e9paration et de maintenance. En 2023, 92 % des pi\u00e8ces d\u00e9tach\u00e9es et des composants utilis\u00e9s par les unit\u00e9s a\u00e9riennes bi\u00e9lorusses provenaient de Russie. Une situation similaire est observ\u00e9e dans le secteur des v\u00e9hicules blind\u00e9s terrestres ; les usines bi\u00e9lorusses d&#8217;Orcha et de Baranovitchi peuvent effectuer des r\u00e9parations, mais la modernisation et la fourniture de composants cl\u00e9s d\u00e9pendent des approvisionnements russes.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pendant un certain temps, la Bi\u00e9lorussie a tent\u00e9 de maintenir une apparence d&#8217;autonomie en d\u00e9veloppant ses propres projets de modernisation militaire, tels que le lance-roquettes multiple Polonez et les v\u00e9hicules blind\u00e9s de transport de troupes BTR-70MB1. Cependant, la plupart de ces initiatives reposent sur des composants et des licences russes, et leur production ne d\u00e9passe pas quelques dizaines d&#8217;unit\u00e9s par an. M\u00eame dans les domaines de l&#8217;\u00e9lectronique et de l&#8217;optique militaires, o\u00f9 Minsk poss\u00e9dait une exp\u00e9rience remontant \u00e0 l&#8217;\u00e9poque sovi\u00e9tique (les usines Peleng et Agat, et le bureau d&#8217;\u00e9tudes radar), la d\u00e9pendance au march\u00e9 et aux composants russes est d\u00e9sormais totale.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">De ce fait, le syst\u00e8me de d\u00e9fense bi\u00e9lorusse ressemble davantage \u00e0 une filiale du complexe militaro-industriel russe qu&#8217;\u00e0 une structure nationale ind\u00e9pendante. Moscou fournit non seulement l&#8217;\u00e9quipement, mais contr\u00f4le \u00e9galement sa maintenance, l&#8217;acc\u00e8s aux codes, aux pi\u00e8ces d\u00e9tach\u00e9es et m\u00eame aux programmes de formation. Cette d\u00e9pendance est syst\u00e9mique : sans acc\u00e8s aux pi\u00e8ces et services russes, les forces arm\u00e9es bi\u00e9lorusses perdent leur capacit\u00e9 op\u00e9rationnelle en quelques mois.<\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify;\">La Chine n&#8217;est pas une alternative.<\/h2>\n<p style=\"text-align: justify;\">Comme le d\u00e9montrent les exemples pr\u00e9c\u00e9dents, il est aujourd&#8217;hui inutile d&#8217;affirmer que la Chine repr\u00e9sente une v\u00e9ritable alternative \u00e0 la Russie pour le B\u00e9larus : ni sur le plan \u00e9conomique, ni sur le plan politique, ni m\u00eame sur le plan militaire. P\u00e9kin non seulement ne cherche pas \u00e0 remplacer Moscou comme principal soutien de Minsk, mais \u00e9vite m\u00eame d\u00e9lib\u00e9r\u00e9ment ce r\u00f4le. Les actions de la Chine sont s\u00e9lectives, prudentes et ax\u00e9es avant tout sur ses propres int\u00e9r\u00eats : obtenir un acc\u00e8s aux march\u00e9s, aux infrastructures logistiques et \u00e0 des points d&#8217;appui politiques dans la r\u00e9gion, ce qui pourrait \u00e9tendre son influence mondiale \u00e0 long terme. Dans cette optique, Minsk est davantage un instrument, un point de transit et un terrain d&#8217;exp\u00e9rimentation qu&#8217;un partenaire strat\u00e9gique au m\u00eame titre que P\u00e9kin.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Par cons\u00e9quent, la pr\u00e9sence croissante de la Chine au B\u00e9larus ne doit pas \u00eatre interpr\u00e9t\u00e9e comme un signe d&#8217;\u00e9mancipation de Minsk vis-\u00e0-vis de Moscou. P\u00e9kin n&#8217;offre \u00e0 Loukachenko aucun mod\u00e8le alternatif de s\u00e9curit\u00e9 ou de financement susceptible de contrebalancer les instruments de pression russes. Au contraire, les pr\u00eats et investissements chinois, lorsqu&#8217;ils existent, cr\u00e9ent de nouveaux r\u00e9seaux de d\u00e9pendance, dont la nature est bien moins politique et plus pragmatique. La Chine n&#8217;a aucun int\u00e9r\u00eat \u00e0 s&#8217;opposer \u00e0 la Russie sur un territoire que Moscou consid\u00e8re comme sa sph\u00e8re d&#8217;influence exclusive.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il convient \u00e9galement de souligner que l&#8217;alliance russo-chinoise, bien que de plus en plus souvent qualifi\u00e9e de partenariat \u00ab sans limites \u00bb, pr\u00e9sente en r\u00e9alit\u00e9 de nombreuses limites et des zones de m\u00e9fiance. Moscou et P\u00e9kin coop\u00e8rent \u00e9troitement l\u00e0 o\u00f9 ils partagent un int\u00e9r\u00eat commun : affaiblir l&#8217;Occident et maintenir leur emprise sur la p\u00e9riph\u00e9rie post-sovi\u00e9tique. Cependant, leurs objectifs strat\u00e9giques divergent fondamentalement. Pour la Russie, le B\u00e9larus demeure un \u00e9l\u00e9ment de son \u00ab \u00e9tranger proche \u00bb, une composante essentielle de sa s\u00e9curit\u00e9 nationale et un rempart contre l&#8217;OTAN. Pour la Chine, Minsk n&#8217;est qu&#8217;un fragment d&#8217;un projet plus vaste d&#8217;expansion \u00e9conomique et logistique vers l&#8217;Europe, dans lequel son r\u00f4le est largement d\u00e9terminant.<\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify;\">Quel est l&#8217;int\u00e9r\u00eat de P\u00e9kin pour le B\u00e9larus ?<\/h2>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le B\u00e9larus est consid\u00e9r\u00e9 comme un \u00ab hub strat\u00e9gique \u00bb, notamment comme porte d&#8217;entr\u00e9e vers l&#8217;Union europ\u00e9enne et l&#8217;Union \u00e9conomique eurasienne. Suite \u00e0 l&#8217;annexion de la Crim\u00e9e en 2014, la Chine a r\u00e9orient\u00e9 ses routes commerciales \u00e0 travers le B\u00e9larus, faisant de ce pays un corridor ferroviaire essentiel. Une d\u00e9claration conjointe des gouvernements chinois et b\u00e9larusse a pr\u00e9sent\u00e9 des plans visant \u00e0 approfondir la coop\u00e9ration dans le cadre de l&#8217;initiative \u00ab la Ceinture et la Route \u00bb, notamment par le biais d&#8217;un accord de libre-\u00e9change, d&#8217;investissement et de transport, qui devrait accro\u00eetre les exportations b\u00e9larusses vers la Chine de 12 % et les investissements chinois de 30 % sur cinq ans. Ce document souligne l&#8217;importance de Minsk, mais uniquement dans le contexte des objectifs propres aux autorit\u00e9s chinoises. Il ne s&#8217;agit en aucun cas d&#8217;une tentative de \u00ab voler \u00bb un partenaire \u00e0 Moscou.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Par ailleurs, P\u00e9kin reste tr\u00e8s prudent sur les questions qui pourraient \u00eatre interpr\u00e9t\u00e9es comme une atteinte \u00e0 la souverainet\u00e9 russe. La Chine privil\u00e9gie les instruments non contraignants : investissements dans les infrastructures, pr\u00eats, pr\u00e9sence institutionnelle et coop\u00e9ration symbolique. Cette asym\u00e9trie des m\u00e9thodes confirme qu&#8217;il ne s&#8217;agit pas d&#8217;une comp\u00e9tition pour Minsk, mais plut\u00f4t d&#8217;une coexistence pacifique d&#8217;influences, o\u00f9 la Russie conserve le contr\u00f4le tandis que la Chine tire profit du soutien apport\u00e9 \u00e0 un r\u00e9gime stable et pr\u00e9visible.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Enfin, contrairement \u00e0 certains discours sur une \u00ab alternative chinoise \u00bb \u00e0 la Russie, la r\u00e9alit\u00e9 montre que P\u00e9kin n&#8217;a aucune intention de soustraire le B\u00e9larus \u00e0 l&#8217;orbite de Moscou ni de cr\u00e9er un centre d&#8217;influence parall\u00e8le. La Chine poursuit ses objectifs \u00e9conomiques et g\u00e9opolitiques dans cette direction, mais d&#8217;une mani\u00e8re qui ne remet pas en cause la domination russe. Malgr\u00e9 le nombre croissant de projets conjoints, d&#8217;exercices et de d\u00e9clarations de \u00ab partenariat strat\u00e9gique \u00bb, le B\u00e9larus demeure dans un syst\u00e8me domin\u00e9 par la Russie, tandis que la Chine observe et en tire profit.<\/p>\n<p style=\"text-align: right;\"><strong>Volodymyr Palyvoda,<\/strong><br \/>\nExpert en relations internationales<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong><span style=\"font-size: 10pt;\">Notes :<\/span><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 10pt;\">[1] Le \u00ab Grand Jeu \u00bb d\u00e9signe la confrontation g\u00e9opolitique entre les empires russe et britannique \u00e0 la fin du XIXe et au d\u00e9but du XXe si\u00e8cle en Asie centrale, dans l&#8217;Himalaya, en Perse et en Afghanistan. L&#8217;explorateur Nikola\u00ef Prjevalski et le futur pr\u00e9sident finlandais Carl Gustaf Mannerheim particip\u00e8rent \u00e0 des exp\u00e9ditions de reconnaissance russes destin\u00e9es \u00e0 cartographier la zone d&#8217;un futur conflit militaire entre les empires. L&#8217;expression \u00ab Grand Jeu \u00bb fut employ\u00e9e pour la premi\u00e8re fois dans le roman \u00ab Kim \u00bb de Rudyard Kipling (1901). L&#8217;ind\u00e9pendance de quatre anciennes r\u00e9publiques sovi\u00e9tiques d&#8217;Asie centrale et du Kazakhstan en 1991 entra\u00eena une nouvelle escalade du \u00ab Grand Jeu \u00bb. Apr\u00e8s les attentats du 11 septembre 2001, l&#8217;expression \u00ab nouveau Grand Jeu \u00bb devint courante, l&#8217;id\u00e9ologie de cette nouvelle confrontation se pr\u00e9sentant comme la lutte contre la menace terroriste, qui masque souvent la lutte pour les zones d&#8217;influence et les ressources naturelles en Asie centrale. Les \u00c9tats-Unis et la Chine sont des acteurs importants de ce \u00ab nouveau Grand Jeu \u00bb. Durant le premier quart du XXe si\u00e8cle, la Russie intensifia son processus d&#8217;int\u00e9gration avec les r\u00e9publiques d&#8217;Asie centrale plac\u00e9es sous son \u00e9gide. En 2001, le bloc militaro-politique de l&#8217;OTSC a \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9, et l&#8217;Union \u00e9conomique eurasienne existe depuis 2015. La Russie et la Chine ont partiellement uni leurs forces au sein de l&#8217;OCS (2001) et des BRICS (2009). La Chine poursuit son expansion \u00e9conomique dans la r\u00e9gion dans le cadre du projet des Nouvelles Routes de la Soie. Suite \u00e0 l&#8217;\u00e9mergence d&#8217;\u00c9tats turcophones ind\u00e9pendants en Asie centrale, la Turquie a renforc\u00e9 sa politique \u00e9trang\u00e8re panturque en cr\u00e9ant le \u00ab Conseil turcophone \u00bb en 2009, devenu l&#8217;Organisation des \u00c9tats turcophones en 2021.<br \/>\n<\/span><span style=\"font-size: 10pt;\">[2] Une zone \u00e9conomique sp\u00e9ciale est en cours de cr\u00e9ation dans le district de Smolevichi, dans la r\u00e9gion de Minsk, pr\u00e8s de l&#8217;a\u00e9roport de Minsk. Les travaux ont d\u00e9but\u00e9 en 2015.<br \/>\n<\/span><span style=\"font-size: 10pt;\">[3] La Nouvelle Route de la Soie (Pont terrestre eurasien) est une voie de transport ferroviaire de marchandises et terrestre de passagers reliant les centres industriels chinois \u00e0 l&#8217;Europe. Le 13 d\u00e9cembre 2015, le premier train empruntant cet itin\u00e9raire est arriv\u00e9 de Chine en G\u00e9orgie.<br \/>\n<\/span><span style=\"font-size: 10pt;\">[4] Le d\u00e9veloppement conjoint du syst\u00e8me de lancement multiple Polonez est r\u00e9alis\u00e9 dans le cadre d&#8217;accords sign\u00e9s en 2013 entre les gouvernements chinois et bi\u00e9lorusse.<\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Volodymyr Palyvoda<\/p>\n<p>Ces derni\u00e8res ann\u00e9es, la pr\u00e9sence chinoise en Bi\u00e9lorussie est devenue l&#8217;un des th\u00e8mes les plus fr\u00e9quemment \u00e9voqu\u00e9s dans les descriptions du pr\u00e9tendu \u00ab nouveau Grand Jeu \u00bb eurasien<\/p>\n","protected":false},"author":8,"featured_media":32859,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_crdt_document":"","ngg_post_thumbnail":0,"footnotes":""},"categories":[261,260],"tags":[270],"class_list":["post-32858","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-analitika","category-publikacii","tag-palivoda","wp-image-borders"],"translation":{"provider":"WPGlobus","version":"3.0.2","language":"fr","enabled_languages":["uk","en","ru","fr","ar"],"languages":{"uk":{"title":true,"content":true,"excerpt":true},"en":{"title":true,"content":true,"excerpt":true},"ru":{"title":true,"content":true,"excerpt":true},"fr":{"title":true,"content":true,"excerpt":true},"ar":{"title":false,"content":false,"excerpt":false}}},"gutentor_comment":0,"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO plugin v27.3 - https:\/\/yoast.com\/product\/yoast-seo-wordpress\/ -->\n<title>La Bi\u00e9lorussie dans les plans g\u00e9opolitiques de la Chine - Global Policy Institute<\/title>\n<meta name=\"robots\" content=\"index, follow, max-snippet:-1, max-image-preview:large, max-video-preview:-1\" \/>\n<link rel=\"canonical\" href=\"https:\/\/igp.org.ua\/publikacii\/bilorus-u-geopolitichnix-planax-kitayu\/\" \/>\n<meta property=\"og:locale\" content=\"fr_FR\" \/>\n<meta property=\"og:type\" content=\"article\" \/>\n<meta property=\"og:title\" content=\"La Bi\u00e9lorussie dans les plans g\u00e9opolitiques de la Chine - Global Policy Institute\" \/>\n<meta property=\"og:url\" content=\"https:\/\/igp.org.ua\/publikacii\/bilorus-u-geopolitichnix-planax-kitayu\/\" \/>\n<meta property=\"og:site_name\" content=\"Global Policy Institute\" \/>\n<meta property=\"article:published_time\" content=\"2026-01-26T21:01:06+00:00\" \/>\n<meta property=\"article:modified_time\" content=\"2026-04-05T09:27:34+00:00\" \/>\n<meta property=\"og:image\" content=\"https:\/\/igp.org.ua\/wp-content\/uploads\/2026\/01\/chi-be0l.png\" \/>\n\t<meta property=\"og:image:width\" content=\"300\" \/>\n\t<meta property=\"og:image:height\" content=\"200\" \/>\n\t<meta property=\"og:image:type\" content=\"image\/png\" \/>\n<meta name=\"author\" content=\"Vladimir\" \/>\n<meta name=\"twitter:card\" content=\"summary_large_image\" \/>\n<meta name=\"twitter:label1\" content=\"Written by\" \/>\n\t<meta name=\"twitter:data1\" content=\"Vladimir\" \/>\n\t<meta name=\"twitter:label2\" content=\"Est. reading time\" \/>\n\t<meta name=\"twitter:data2\" content=\"19 minutes\" \/>\n<script type=\"application\/ld+json\" class=\"yoast-schema-graph\">{\"@context\":\"https:\\\/\\\/schema.org\",\"@graph\":[{\"@type\":\"Article\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/igp.org.ua\\\/publikacii\\\/bilorus-u-geopolitichnix-planax-kitayu\\\/#article\",\"isPartOf\":{\"@id\":\"https:\\\/\\\/igp.org.ua\\\/publikacii\\\/bilorus-u-geopolitichnix-planax-kitayu\\\/\"},\"author\":{\"name\":\"Vladimir\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/igp.org.ua\\\/#\\\/schema\\\/person\\\/183f5573a75f3cc0f668a1034203cc5b\"},\"headline\":\"La Bi\u00e9lorussie dans les plans g\u00e9opolitiques de la Chine\",\"datePublished\":\"2026-01-26T21:01:06+00:00\",\"dateModified\":\"2026-04-05T09:27:34+00:00\",\"mainEntityOfPage\":{\"@id\":\"https:\\\/\\\/igp.org.ua\\\/publikacii\\\/bilorus-u-geopolitichnix-planax-kitayu\\\/\"},\"wordCount\":11624,\"publisher\":{\"@id\":\"https:\\\/\\\/igp.org.ua\\\/#organization\"},\"image\":{\"@id\":\"https:\\\/\\\/igp.org.ua\\\/publikacii\\\/bilorus-u-geopolitichnix-planax-kitayu\\\/#primaryimage\"},\"thumbnailUrl\":\"https:\\\/\\\/igp.org.ua\\\/wp-content\\\/uploads\\\/2026\\\/01\\\/chi-be0l.png\",\"keywords\":[\"\u041f\u0430\u043b\u0438\u0432\u043e\u0434\u0430\"],\"articleSection\":[\"Analyse\",\"Publications\"],\"inLanguage\":\"fr-FR\"},{\"@type\":\"WebPage\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/igp.org.ua\\\/publikacii\\\/bilorus-u-geopolitichnix-planax-kitayu\\\/\",\"url\":\"https:\\\/\\\/igp.org.ua\\\/publikacii\\\/bilorus-u-geopolitichnix-planax-kitayu\\\/\",\"name\":\"La Bi\u00e9lorussie dans les plans g\u00e9opolitiques de la Chine - Global Policy Institute\",\"isPartOf\":{\"@id\":\"https:\\\/\\\/igp.org.ua\\\/#website\"},\"primaryImageOfPage\":{\"@id\":\"https:\\\/\\\/igp.org.ua\\\/publikacii\\\/bilorus-u-geopolitichnix-planax-kitayu\\\/#primaryimage\"},\"image\":{\"@id\":\"https:\\\/\\\/igp.org.ua\\\/publikacii\\\/bilorus-u-geopolitichnix-planax-kitayu\\\/#primaryimage\"},\"thumbnailUrl\":\"https:\\\/\\\/igp.org.ua\\\/wp-content\\\/uploads\\\/2026\\\/01\\\/chi-be0l.png\",\"datePublished\":\"2026-01-26T21:01:06+00:00\",\"dateModified\":\"2026-04-05T09:27:34+00:00\",\"breadcrumb\":{\"@id\":\"https:\\\/\\\/igp.org.ua\\\/publikacii\\\/bilorus-u-geopolitichnix-planax-kitayu\\\/#breadcrumb\"},\"inLanguage\":\"fr-FR\",\"potentialAction\":[{\"@type\":\"ReadAction\",\"target\":[\"https:\\\/\\\/igp.org.ua\\\/publikacii\\\/bilorus-u-geopolitichnix-planax-kitayu\\\/\"]}]},{\"@type\":\"ImageObject\",\"inLanguage\":\"fr-FR\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/igp.org.ua\\\/publikacii\\\/bilorus-u-geopolitichnix-planax-kitayu\\\/#primaryimage\",\"url\":\"https:\\\/\\\/igp.org.ua\\\/wp-content\\\/uploads\\\/2026\\\/01\\\/chi-be0l.png\",\"contentUrl\":\"https:\\\/\\\/igp.org.ua\\\/wp-content\\\/uploads\\\/2026\\\/01\\\/chi-be0l.png\",\"width\":300,\"height\":200},{\"@type\":\"BreadcrumbList\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/igp.org.ua\\\/publikacii\\\/bilorus-u-geopolitichnix-planax-kitayu\\\/#breadcrumb\",\"itemListElement\":[{\"@type\":\"ListItem\",\"position\":1,\"name\":\"Home\",\"item\":\"https:\\\/\\\/igp.org.ua\\\/\"},{\"@type\":\"ListItem\",\"position\":2,\"name\":\"\u0411\u0456\u043b\u043e\u0440\u0443\u0441\u044c \u0443 \u0433\u0435\u043e\u043f\u043e\u043b\u0456\u0442\u0438\u0447\u043d\u0438\u0445 \u043f\u043b\u0430\u043d\u0430\u0445 \u041a\u0438\u0442\u0430\u044e\"}]},{\"@type\":\"WebSite\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/igp.org.ua\\\/#website\",\"url\":\"https:\\\/\\\/igp.org.ua\\\/\",\"name\":\"Global Policy Institute\",\"description\":\"Global Policy Institute\",\"publisher\":{\"@id\":\"https:\\\/\\\/igp.org.ua\\\/#organization\"},\"potentialAction\":[{\"@type\":\"SearchAction\",\"target\":{\"@type\":\"EntryPoint\",\"urlTemplate\":\"https:\\\/\\\/igp.org.ua\\\/?s={search_term_string}\"},\"query-input\":{\"@type\":\"PropertyValueSpecification\",\"valueRequired\":true,\"valueName\":\"search_term_string\"}}],\"inLanguage\":\"fr-FR\"},{\"@type\":\"Organization\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/igp.org.ua\\\/#organization\",\"name\":\"\u0411\u043e\u0440\u0438\u0441\u0444\u0435\u043d \u0406\u043d\u0442\u0435\u043b\",\"url\":\"https:\\\/\\\/igp.org.ua\\\/\",\"logo\":{\"@type\":\"ImageObject\",\"inLanguage\":\"fr-FR\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/igp.org.ua\\\/#\\\/schema\\\/logo\\\/image\\\/\",\"url\":false,\"contentUrl\":false,\"width\":236,\"height\":92,\"caption\":\"\u0411\u043e\u0440\u0438\u0441\u0444\u0435\u043d \u0406\u043d\u0442\u0435\u043b\"},\"image\":{\"@id\":\"https:\\\/\\\/igp.org.ua\\\/#\\\/schema\\\/logo\\\/image\\\/\"}},{\"@type\":\"Person\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/igp.org.ua\\\/#\\\/schema\\\/person\\\/183f5573a75f3cc0f668a1034203cc5b\",\"name\":\"Vladimir\",\"image\":{\"@type\":\"ImageObject\",\"inLanguage\":\"fr-FR\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/secure.gravatar.com\\\/avatar\\\/337d171e43cb32013fa13b960c45294ce7c40201b83e85776d82f2019322e347?s=96&d=mm&r=g\",\"url\":\"https:\\\/\\\/secure.gravatar.com\\\/avatar\\\/337d171e43cb32013fa13b960c45294ce7c40201b83e85776d82f2019322e347?s=96&d=mm&r=g\",\"contentUrl\":\"https:\\\/\\\/secure.gravatar.com\\\/avatar\\\/337d171e43cb32013fa13b960c45294ce7c40201b83e85776d82f2019322e347?s=96&d=mm&r=g\",\"caption\":\"Vladimir\"},\"url\":\"https:\\\/\\\/igp.org.ua\\\/fr\\\/author\\\/vladimir\\\/\"}]}<\/script>\n<!-- \/ Yoast SEO plugin. -->","yoast_head_json":{"title":"La Bi\u00e9lorussie dans les plans g\u00e9opolitiques de la Chine - Global Policy Institute","robots":{"index":"index","follow":"follow","max-snippet":"max-snippet:-1","max-image-preview":"max-image-preview:large","max-video-preview":"max-video-preview:-1"},"canonical":"https:\/\/igp.org.ua\/publikacii\/bilorus-u-geopolitichnix-planax-kitayu\/","og_locale":"fr_FR","og_type":"article","og_title":"La Bi\u00e9lorussie dans les plans g\u00e9opolitiques de la Chine - Global Policy Institute","og_url":"https:\/\/igp.org.ua\/publikacii\/bilorus-u-geopolitichnix-planax-kitayu\/","og_site_name":"Global Policy Institute","article_published_time":"2026-01-26T21:01:06+00:00","article_modified_time":"2026-04-05T09:27:34+00:00","og_image":[{"width":300,"height":200,"url":"https:\/\/igp.org.ua\/wp-content\/uploads\/2026\/01\/chi-be0l.png","type":"image\/png"}],"author":"Vladimir","twitter_card":"summary_large_image","twitter_misc":{"Written by":"Vladimir","Est. reading time":"19 minutes"},"schema":{"@context":"https:\/\/schema.org","@graph":[{"@type":"Article","@id":"https:\/\/igp.org.ua\/publikacii\/bilorus-u-geopolitichnix-planax-kitayu\/#article","isPartOf":{"@id":"https:\/\/igp.org.ua\/publikacii\/bilorus-u-geopolitichnix-planax-kitayu\/"},"author":{"name":"Vladimir","@id":"https:\/\/igp.org.ua\/#\/schema\/person\/183f5573a75f3cc0f668a1034203cc5b"},"headline":"La Bi\u00e9lorussie dans les plans g\u00e9opolitiques de la Chine","datePublished":"2026-01-26T21:01:06+00:00","dateModified":"2026-04-05T09:27:34+00:00","mainEntityOfPage":{"@id":"https:\/\/igp.org.ua\/publikacii\/bilorus-u-geopolitichnix-planax-kitayu\/"},"wordCount":11624,"publisher":{"@id":"https:\/\/igp.org.ua\/#organization"},"image":{"@id":"https:\/\/igp.org.ua\/publikacii\/bilorus-u-geopolitichnix-planax-kitayu\/#primaryimage"},"thumbnailUrl":"https:\/\/igp.org.ua\/wp-content\/uploads\/2026\/01\/chi-be0l.png","keywords":["\u041f\u0430\u043b\u0438\u0432\u043e\u0434\u0430"],"articleSection":["Analyse","Publications"],"inLanguage":"fr-FR"},{"@type":"WebPage","@id":"https:\/\/igp.org.ua\/publikacii\/bilorus-u-geopolitichnix-planax-kitayu\/","url":"https:\/\/igp.org.ua\/publikacii\/bilorus-u-geopolitichnix-planax-kitayu\/","name":"La Bi\u00e9lorussie dans les plans g\u00e9opolitiques de la Chine - Global Policy Institute","isPartOf":{"@id":"https:\/\/igp.org.ua\/#website"},"primaryImageOfPage":{"@id":"https:\/\/igp.org.ua\/publikacii\/bilorus-u-geopolitichnix-planax-kitayu\/#primaryimage"},"image":{"@id":"https:\/\/igp.org.ua\/publikacii\/bilorus-u-geopolitichnix-planax-kitayu\/#primaryimage"},"thumbnailUrl":"https:\/\/igp.org.ua\/wp-content\/uploads\/2026\/01\/chi-be0l.png","datePublished":"2026-01-26T21:01:06+00:00","dateModified":"2026-04-05T09:27:34+00:00","breadcrumb":{"@id":"https:\/\/igp.org.ua\/publikacii\/bilorus-u-geopolitichnix-planax-kitayu\/#breadcrumb"},"inLanguage":"fr-FR","potentialAction":[{"@type":"ReadAction","target":["https:\/\/igp.org.ua\/publikacii\/bilorus-u-geopolitichnix-planax-kitayu\/"]}]},{"@type":"ImageObject","inLanguage":"fr-FR","@id":"https:\/\/igp.org.ua\/publikacii\/bilorus-u-geopolitichnix-planax-kitayu\/#primaryimage","url":"https:\/\/igp.org.ua\/wp-content\/uploads\/2026\/01\/chi-be0l.png","contentUrl":"https:\/\/igp.org.ua\/wp-content\/uploads\/2026\/01\/chi-be0l.png","width":300,"height":200},{"@type":"BreadcrumbList","@id":"https:\/\/igp.org.ua\/publikacii\/bilorus-u-geopolitichnix-planax-kitayu\/#breadcrumb","itemListElement":[{"@type":"ListItem","position":1,"name":"Home","item":"https:\/\/igp.org.ua\/"},{"@type":"ListItem","position":2,"name":"\u0411\u0456\u043b\u043e\u0440\u0443\u0441\u044c \u0443 \u0433\u0435\u043e\u043f\u043e\u043b\u0456\u0442\u0438\u0447\u043d\u0438\u0445 \u043f\u043b\u0430\u043d\u0430\u0445 \u041a\u0438\u0442\u0430\u044e"}]},{"@type":"WebSite","@id":"https:\/\/igp.org.ua\/#website","url":"https:\/\/igp.org.ua\/","name":"Global Policy Institute","description":"Global Policy Institute","publisher":{"@id":"https:\/\/igp.org.ua\/#organization"},"potentialAction":[{"@type":"SearchAction","target":{"@type":"EntryPoint","urlTemplate":"https:\/\/igp.org.ua\/?s={search_term_string}"},"query-input":{"@type":"PropertyValueSpecification","valueRequired":true,"valueName":"search_term_string"}}],"inLanguage":"fr-FR"},{"@type":"Organization","@id":"https:\/\/igp.org.ua\/#organization","name":"\u0411\u043e\u0440\u0438\u0441\u0444\u0435\u043d \u0406\u043d\u0442\u0435\u043b","url":"https:\/\/igp.org.ua\/","logo":{"@type":"ImageObject","inLanguage":"fr-FR","@id":"https:\/\/igp.org.ua\/#\/schema\/logo\/image\/","url":false,"contentUrl":false,"width":236,"height":92,"caption":"\u0411\u043e\u0440\u0438\u0441\u0444\u0435\u043d \u0406\u043d\u0442\u0435\u043b"},"image":{"@id":"https:\/\/igp.org.ua\/#\/schema\/logo\/image\/"}},{"@type":"Person","@id":"https:\/\/igp.org.ua\/#\/schema\/person\/183f5573a75f3cc0f668a1034203cc5b","name":"Vladimir","image":{"@type":"ImageObject","inLanguage":"fr-FR","@id":"https:\/\/secure.gravatar.com\/avatar\/337d171e43cb32013fa13b960c45294ce7c40201b83e85776d82f2019322e347?s=96&d=mm&r=g","url":"https:\/\/secure.gravatar.com\/avatar\/337d171e43cb32013fa13b960c45294ce7c40201b83e85776d82f2019322e347?s=96&d=mm&r=g","contentUrl":"https:\/\/secure.gravatar.com\/avatar\/337d171e43cb32013fa13b960c45294ce7c40201b83e85776d82f2019322e347?s=96&d=mm&r=g","caption":"Vladimir"},"url":"https:\/\/igp.org.ua\/fr\/author\/vladimir\/"}]}},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/igp.org.ua\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/32858","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/igp.org.ua\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/igp.org.ua\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/igp.org.ua\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/8"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/igp.org.ua\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=32858"}],"version-history":[{"count":6,"href":"https:\/\/igp.org.ua\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/32858\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":33346,"href":"https:\/\/igp.org.ua\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/32858\/revisions\/33346"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/igp.org.ua\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/32859"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/igp.org.ua\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=32858"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/igp.org.ua\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=32858"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/igp.org.ua\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=32858"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}