{"id":34473,"date":"2026-09-10T00:01:40","date_gmt":"2026-09-09T21:01:40","guid":{"rendered":"https:\/\/igp.org.ua\/?p=34473"},"modified":"2026-09-10T17:08:50","modified_gmt":"2026-09-10T14:08:50","slug":"chi-zvazhitsya-rosiya-napasti-na-yevropu","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/igp.org.ua\/fr\/publikacii\/chi-zvazhitsya-rosiya-napasti-na-yevropu\/","title":{"rendered":"La Russie osera-t-elle attaquer l&#8217;Europe\u00a0?"},"content":{"rendered":"<h1 style=\"text-align: left;\">La Russie osera-t-elle attaquer l&#8217;Europe&nbsp;? Un autre point de vue sur ce sujet<\/h1>\n<p style=\"text-align: left; padding-left: 80px;\"><em>En ao\u00fbt-septembre 2026, les discussions concernant une possible attaque russe contre la Pologne ou les pays baltes dans un proche avenir ont refait surface dans les m\u00e9dias europ\u00e9ens et ukrainiens. De nombreux experts ukrainiens per\u00e7oivent cette menace et l&#8217;\u00e9tayent par des arguments. Ils soulignent la faiblesse de l&#8217;OTAN et son incapacit\u00e9 \u00e0 repousser la Russie dans une telle \u00e9ventualit\u00e9. Il en r\u00e9sulte une impression exag\u00e9r\u00e9e que la Russie peut atteindre ses objectifs aussi bien en Europe qu&#8217;en Ukraine. Ce qui, in\u00e9vitablement, mine la confiance dans notre victoire. Nous avons d\u00e9j\u00e0 abord\u00e9 ce sujet dans nos publications pr\u00e9c\u00e9dentes, mais il est important d&#8217;y revenir.<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Renforcer la d\u00e9fense de l&#8217;Europe dans sa dimension strat\u00e9gique<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Aucun pays fond\u00e9 sur des principes imp\u00e9riaux ne peut exister sans une expansion ext\u00e9rieure agressive. Cela vaut \u00e9galement pour la Russie actuelle, qui reproduit les politiques de l&#8217;ancien Empire russe et de sa r\u00e9incarnation, l&#8217;Union sovi\u00e9tique.<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans ce contexte, l&#8217;agression russe contre l&#8217;Ukraine, qui a d\u00e9but\u00e9 en 2014, peut \u00eatre per\u00e7ue comme une pr\u00e9paration \u00e0 une attaque contre l&#8217;Europe, visant \u00e0 r\u00e9tablir une sph\u00e8re d&#8217;influence russe \u00e0 l&#8217;est puis \u00e0 s&#8217;\u00e9tendre vers l&#8217;ouest. L&#8217;ultimatum bien connu de Moscou \u00e0 l&#8217;OTAN en d\u00e9cembre 2021, formulant des revendications explicites sur l&#8217;Europe de l&#8217;Est et les pays baltes, le confirme. Les pr\u00e9paratifs militaires en vue de la prise de contr\u00f4le de ces territoires ont commenc\u00e9 encore plus t\u00f4t, lors de divers exercices militaires. Par cons\u00e9quent, l&#8217;inqui\u00e9tude de l&#8217;Europe face \u00e0 une telle attaque russe est pleinement justifi\u00e9e. Les efforts de l&#8217;OTAN et de l&#8217;UE pour renforcer la d\u00e9fense europ\u00e9enne le sont \u00e9galement. L&#8217;\u00e9l\u00e9ment d\u00e9clencheur a \u00e9t\u00e9 l&#8217;attaque initiale de la Russie contre l&#8217;Ukraine, que l&#8217;Europe et les \u00c9tats-Unis ont per\u00e7ue comme une menace pour leur propre s\u00e9curit\u00e9. Et bien que nous ayons soulev\u00e9 cette question \u00e0 plusieurs reprises dans diverses publications, il est essentiel de la r\u00e9\u00e9voquer.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Par exemple, lors du sommet de l&#8217;OTAN au Pays de Galles en septembre 2014, la Russie a \u00e9t\u00e9 clairement identifi\u00e9e comme la principale source de menaces militaires pour l&#8217;Occident. Par la suite, lors du sommet de l&#8217;OTAN \u00e0 Madrid en juillet 2022, cette vision de la F\u00e9d\u00e9ration de Russie a \u00e9t\u00e9 inscrite dans la nouvelle strat\u00e9gie de l&#8217;OTAN. Depuis 2014, un ensemble de mesures visant \u00e0 se pr\u00e9parer \u00e0 repousser une agression russe a \u00e9galement \u00e9t\u00e9 mis en \u0153uvre. Il s&#8217;agit notamment du renforcement des groupes de troupes de l&#8217;OTAN dans la zone avanc\u00e9e \u00e0 la fronti\u00e8re avec la Russie, de l&#8217;am\u00e9lioration des proc\u00e9dures de r\u00e9ponse rapide aux crises et de la restauration et de la modernisation des syst\u00e8mes de commandement, de communication et de logistique en vigueur pendant la Guerre froide. Des changements similaires ont \u00e9galement \u00e9t\u00e9 apport\u00e9s aux exercices militaires de l&#8217;OTAN, recentr\u00e9s sur la dissuasion de la Russie et la pr\u00e9paration \u00e0 un conflit.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Toutes ces mesures ont \u00e9t\u00e9 consid\u00e9rablement acc\u00e9l\u00e9r\u00e9es et intensifi\u00e9es apr\u00e8s le d\u00e9clenchement d&#8217;une guerre \u00e0 grande \u00e9chelle par la Russie contre l&#8217;Ukraine. De plus, malgr\u00e9 l&#8217;arriv\u00e9e au pouvoir de Donald Trump aux \u00c9tats-Unis et l&#8217;exacerbation des tensions entre l&#8217;Am\u00e9rique et l&#8217;Europe, ces activit\u00e9s sont rest\u00e9es inchang\u00e9es. Par ailleurs, le syst\u00e8me de d\u00e9fense de l&#8217;OTAN dans le secteur oriental a m\u00eame \u00e9t\u00e9 renforc\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Comme chacun sait, les \u00c9tats-Unis et l&#8217;Europe, par le biais de la composante europ\u00e9enne de l&#8217;OTAN et de l&#8217;UE, \u00e9laborent actuellement un nouveau syst\u00e8me de s\u00e9curit\u00e9 europ\u00e9en et euro-atlantique, coh\u00e9rent avec le contexte g\u00e9opolitique mondial actuel. Dans ce cadre, les \u00c9tats-Unis concentrent leurs efforts sur l&#8217;endiguement de la Chine dans la r\u00e9gion Asie-Pacifique, tandis que l&#8217;Europe, avec le soutien am\u00e9ricain, s&#8217;attache \u00e0 contrer la Russie sur le th\u00e9\u00e2tre d&#8217;op\u00e9rations europ\u00e9en. La mise en \u0153uvre de ces plans comprend un vaste programme de r\u00e9armement pour l&#8217;Europe \u00e0 l&#8217;horizon 2030, qui constituera un puissant moyen de dissuasion face \u00e0 la Russie et contribuera \u00e0 repousser toute agression russe. Ce programme s&#8217;applique \u00e9galement \u00e0 l&#8217;Ukraine, au m\u00eame titre qu&#8217;aux \u00c9tats membres de l&#8217;UE. De plus, l&#8217;Ukraine est d\u00e9j\u00e0 consid\u00e9r\u00e9e comme une composante de la nouvelle architecture de l&#8217;espace euro-atlantique.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il est significatif que les divergences entre l&#8217;Am\u00e9rique et l&#8217;Europe n&#8217;aient aucune incidence sur les activit\u00e9s de l&#8217;OTAN. Les plans op\u00e9rationnels de l&#8217;Alliance demeurent inchang\u00e9s, comme en t\u00e9moignent les exercices de l&#8217;OTAN, men\u00e9s de fa\u00e7on quasi continue dans les zones avanc\u00e9es d&#8217;Europe et qui d\u00e9montrent la d\u00e9termination de l&#8217;Alliance \u00e0 contrer fermement la Russie. Les \u00c9tats-Unis continuent d&#8217;y participer activement. Une l\u00e9g\u00e8re r\u00e9duction du nombre d&#8217;unit\u00e9s am\u00e9ricaines lors de certains exercices ne signifie pas que les \u00c9tats-Unis envisagent de quitter l&#8217;Europe, mais plut\u00f4t qu&#8217;ils concentrent d\u00e9sormais leurs efforts sur le conflit en Iran.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Bien que Donald Trump ait d\u00e9clar\u00e9 vouloir r\u00e9duire significativement les forces am\u00e9ricaines en Europe, cela ne s&#8217;est pas encore concr\u00e9tis\u00e9. Le d\u00e9partement am\u00e9ricain de la D\u00e9fense \u00e9tudie actuellement cette possibilit\u00e9. Ses repr\u00e9sentants indiquent qu&#8217;une telle d\u00e9cision sera prise en fonction de la n\u00e9cessit\u00e9 d&#8217;une pr\u00e9sence am\u00e9ricaine dans d&#8217;autres r\u00e9gions du monde et en tenant compte des int\u00e9r\u00eats de s\u00e9curit\u00e9 de l&#8217;Europe. Autrement dit, ses capacit\u00e9s de d\u00e9fense ne seront pas affaiblies. De plus, le nombre minimal de forces am\u00e9ricaines en Europe est d\u00e9termin\u00e9 par la l\u00e9gislation en vigueur. Seul le Congr\u00e8s peut le modifier, ce qu&#8217;il ne fera manifestement pas.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La d\u00e9termination de l&#8217;OTAN \u00e0 contrer fermement la Russie est d\u00e9montr\u00e9e par les actions de son syst\u00e8me de d\u00e9fense a\u00e9rienne unifi\u00e9. Aujourd&#8217;hui, ce syst\u00e8me r\u00e9agit activement aux incursions de drones et de missiles russes dans l&#8217;espace a\u00e9rien europ\u00e9en. Tous les drones et missiles ne sont pas abattus, mais il s&#8217;agit de probl\u00e8mes organisationnels et techniques, et non politiques. Par ailleurs, les avions de l&#8217;OTAN interceptent et repoussent sans h\u00e9siter les a\u00e9ronefs militaires russes qui s&#8217;approchent des pays europ\u00e9ens avec des intentions provocatrices.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Critiques de l&#8217;OTAN et hypoth\u00e8ses d&#8217;experts<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Dans ce contexte, l&#8217;attitude d\u00e9daigneuse \u00e0 l&#8217;\u00e9gard de l&#8217;OTAN exprim\u00e9e par certains experts ukrainiens et occidentaux est pour le moins surprenante.<\/strong> Ils estiment que l&#8217;OTAN est faible et mal pr\u00e9par\u00e9e \u00e0 une guerre contre la Russie ou \u00e0 la d\u00e9fense de ses membres. Selon eux, cela serait d\u00fb \u00e0 des d\u00e9saccords au sein de l&#8217;Alliance et \u00e0 la r\u00e9ticence de ses membres \u00e0 s&#8217;engager dans une confrontation militaire directe avec la Russie. Que peut indiquer l&#8217;absence de r\u00e9action de l&#8217;OTAN face aux provocations et aux pr\u00e9paratifs militaires russes en Europe&nbsp;? Cela laisse \u00e0 penser que la Russie pourrait bient\u00f4t attaquer l&#8217;Europe. Selon des m\u00e9dias am\u00e9ricains et europ\u00e9ens, en juillet, les \u00c9tats-Unis ont mis en garde la Pologne contre une possible provocation arm\u00e9e de la part de la Russie d\u00e8s cet automne. L&#8217;objectif des Russes serait de tester la capacit\u00e9 de l&#8217;OTAN \u00e0 respecter ses engagements et de contraindre l&#8217;Europe \u00e0 cesser son soutien \u00e0 l&#8217;Ukraine.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Diverses actions russes sont envisag\u00e9es, notamment des frappes de missiles et de drones contre les infrastructures critiques polonaises, ou une invasion de son territoire par un contingent de militaires russes et bi\u00e9lorusses, justifi\u00e9e par une panne technique du GPS ou une op\u00e9ration de sauvetage apr\u00e8s un crash d&#8217;h\u00e9licopt\u00e8re. On suppose que, dans une telle situation, la Pologne h\u00e9siterait \u00e0 engager des n\u00e9gociations muscl\u00e9es avec la Russie et le B\u00e9larus, sous l&#8217;\u00e9gide des \u00c9tats-Unis. En \u00e9change de l&#8217;arr\u00eat des attaques russes contre la Pologne, il serait possible de contraindre cette derni\u00e8re \u00e0 suspendre son assistance militaire et technique \u00e0 l&#8217;Ukraine.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ces informations ont suscit\u00e9 une avalanche de commentaires, particuli\u00e8rement actifs en ao\u00fbt et jusqu&#8217;en septembre. Parmi eux, un article notable du quotidien allemand Bild, paru fin ao\u00fbt, d\u00e9crit diff\u00e9rents sc\u00e9narios d&#8217;une attaque russe contre l&#8217;Europe. Ces actions comprennent&nbsp;:<\/p>\n<ul style=\"text-align: justify;\">\n<li>le sabotage sous-marin, l\u2019endommagement de c\u00e2bles, de pipelines et d\u2019autres infrastructures critiques&nbsp;;<\/li>\n<li>l\u2019organisation de manifestations antigouvernementales par la population russophone de Narva, en Estonie, et l\u2019envoi de milices, surnomm\u00e9es \u00ab&nbsp;petits hommes verts&nbsp;\u00bb, pour les soutenir et prendre le pouvoir. Comme pour la Crim\u00e9e, Moscou niera toute implication dans une telle action&nbsp;;<\/li>\n<li>l\u2019occupation de l\u2019\u00eele su\u00e9doise de Gotland, ce qui compliquerait le d\u00e9ploiement de troupes russes de l\u2019OTAN dans les pays baltes&nbsp;;<\/li>\n<li>l\u2019invasion de l\u2019\u00eele norv\u00e9gienne du Spitzberg sous pr\u00e9texte de prot\u00e9ger la population russophone et la prise de positions strat\u00e9giques&nbsp;;<\/li>\n<li>l\u2019\u00e9tablissement d\u2019un corridor terrestre reliant l\u2019oblast de Kaliningrad, en Russie, au B\u00e9larus via le corridor de Suwa\u0142ki.<\/li>\n<\/ul>\n<p style=\"text-align: justify;\">D\u2019autres options pourraient s\u2019ajouter \u00e0 cette liste, notamment une attaque russe ouverte contre la Lituanie, la Lettonie et l\u2019Estonie, ainsi que la Norv\u00e8ge et la Finlande. Th\u00e9oriquement, cela est envisageable, surtout si l\u2019on part du principe que l\u2019OTAN est \u00ab&nbsp;faible&nbsp;\u00bb et \u00ab&nbsp;incapable&nbsp;\u00bb de repousser la Russie.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>La situation r\u00e9elle et les actions possibles de l&#8217;OTAN en r\u00e9ponse \u00e0 une attaque russe<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>En r\u00e9alit\u00e9, la situation est tout autre. La Russie planifie et pr\u00e9pare bel et bien une attaque contre l&#8217;Europe. Mais seulement \u00e0 long terme, apr\u00e8s sa victoire sur l&#8217;Ukraine. D&#8217;ici l\u00e0, elle sera incapable de mettre en \u0153uvre l&#8217;un de ces sc\u00e9narios sans cons\u00e9quences d\u00e9sastreuses.<\/strong> Ce point a d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 soulign\u00e9 \u00e0 plusieurs reprises dans nos publications pr\u00e9c\u00e9dentes. N\u00e9anmoins, revenons sur cette question en tenant compte de certains aspects suppl\u00e9mentaires qui n&#8217;ont pas encore \u00e9t\u00e9 abord\u00e9s.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Premi\u00e8rement, nous souhaitons d\u00e9terminer comment se terminerait, pour la Russie, la \u00ab&nbsp;mise \u00e0 l&#8217;\u00e9preuve de la capacit\u00e9 de l&#8217;OTAN \u00e0 remplir ses obligations d&#8217;alliance&nbsp;\u00bb en cas d&#8217;attaque ouverte.<\/strong> Comme indiqu\u00e9 pr\u00e9c\u00e9demment, de nombreux experts estiment que l&#8217;Alliance est incapable de d\u00e9fendre ses membres contre une attaque russe, car ses principaux membres craignent une confrontation militaire directe.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Et que se passerait-il si la Russie n&#8217;h\u00e9sitait pas \u00e0 riposter par la force militaire, comme l&#8217;a fait l&#8217;Ukraine&nbsp;? D&#8217;autant plus que l&#8217;OTAN s&#8217;y pr\u00e9pare, comme mentionn\u00e9 en introduction. Par exemple, en r\u00e9ponse \u00e0 des frappes de missiles et de drones russes sur les pays baltes ou la Pologne, l&#8217;OTAN pourrait frapper ses installations militaires dans la r\u00e9gion de Kaliningrad.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En ao\u00fbt, le g\u00e9n\u00e9ral Donahue, commandant des forces terrestres am\u00e9ricaines en Europe et en Afrique et de l&#8217;OTAN, a ouvertement exprim\u00e9 la volont\u00e9 de l&#8217;Alliance d&#8217;entreprendre de telles actions. Le lieutenant-g\u00e9n\u00e9ral Heinrich Neumann, commandant de la Luftwaffe, a fait une d\u00e9claration similaire. De plus, l&#8217;OTAN est parfaitement capable de lib\u00e9rer les r\u00e9gions russes de Kaliningrad et de Pskov du r\u00e9gime de Poutine, et par l\u00e0 m\u00eame, le B\u00e9larus du joug de Loukachenko. Pourquoi pas ? Actuellement, il n&#8217;y a pratiquement plus de troupes russes dans ces r\u00e9gions, la Russie ayant concentr\u00e9 l&#8217;essentiel de ses forces sur la guerre contre l&#8217;Ukraine.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Seuls des \u00e9tats-majors arri\u00e8res, des casernes et des conscrits sans exp\u00e9rience du combat demeurent dans leurs zones de d\u00e9ploiement permanentes. M\u00eame les syst\u00e8mes de d\u00e9fense a\u00e9rienne S-400 ont \u00e9t\u00e9 transf\u00e9r\u00e9s de la r\u00e9gion de Kaliningrad vers le front et d\u00e9truits sur place, la laissant pratiquement sans d\u00e9fense. Par cons\u00e9quent, l&#8217;Allemagne pourrait reprendre le contr\u00f4le de cette r\u00e9gion comme s&#8217;il s&#8217;agissait de son territoire historique : la Prusse-Orientale, perdue pendant la Seconde Guerre mondiale.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le B\u00e9larus est totalement insignifiant. Ses forces arm\u00e9es sont \u00e0 peu pr\u00e8s \u00e9quivalentes \u00e0 celles de la Lituanie ou de l&#8217;Estonie. Pourtant, des troupes de l&#8217;OTAN sont \u00e9galement stationn\u00e9es sur son territoire. Minsk en est parfaitement consciente. C&#8217;est pourquoi la doctrine militaire bi\u00e9lorusse n&#8217;envisage pas une attaque contre l&#8217;Europe, mais plut\u00f4t une transition vers une gu\u00e9rilla. Que fera alors la Russie&nbsp;? Menacer l&#8217;OTAN d&#8217;armes nucl\u00e9aires&nbsp;? Or, l&#8217;Alliance en poss\u00e8de \u00e9galement, ce qui d\u00e9savantage la Russie. Bien s\u00fbr, l&#8217;OTAN ne conqu\u00e9rira ni le territoire russe ni le territoire bi\u00e9lorusse. Mais cette possibilit\u00e9 est tout \u00e0 fait envisageable, et Moscou doit en tenir compte. C&#8217;est d&#8217;ailleurs ce qu&#8217;elle fait, en s&#8217;abstenant d&#8217;une attaque directe contre l&#8217;Europe.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Il est fort peu probable que la Russie soit capable de mettre en \u0153uvre un sc\u00e9nario impliquant la provocation de conflits internes dans les pays baltes, suivie d&#8217;une intervention secr\u00e8te ou ouverte.<\/strong> Cette situation n&#8217;a pas \u00e9t\u00e9 analys\u00e9e en d\u00e9tail, ce qui la rend d&#8217;autant plus int\u00e9ressante.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La plupart des experts estiment qu&#8217;il est ais\u00e9 de provoquer de tels conflits. Il suffirait apparemment de rallier \u00e0 sa cause un groupe de r\u00e9sidents russophones de Lituanie, de Lettonie ou d&#8217;Estonie et de les charger d&#8217;organiser des manifestations antigouvernementales. Ensuite, il s&#8217;agirait d&#8217;envoyer des unit\u00e9s des forces sp\u00e9ciales russes, d\u00e9guis\u00e9es en petits hommes verts, prendre le pouvoir dans les zones dens\u00e9ment peupl\u00e9es de Russes et organiser une confrontation arm\u00e9e avec le gouvernement en place. La Russie aurait ainsi un pr\u00e9texte pour y d\u00e9ployer ses troupes sous pr\u00e9texte de \u00ab&nbsp;prot\u00e9ger ses compatriotes&nbsp;\u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00c0 premi\u00e8re vue, un tel plan para\u00eet en effet assez simple. Cependant, sa mise en \u0153uvre exige des pr\u00e9paratifs complexes et de longue haleine. De plus, un certain nombre de conditions pr\u00e9cises doivent \u00eatre remplies, sans lesquelles ces approches sont pratiquement impossibles \u00e0 appliquer.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ainsi, comme le montrent la pratique et les recherches sociologiques, dans toute soci\u00e9t\u00e9, \u00e0 peine 3&nbsp;% des individus actifs sont pr\u00eats \u00e0 participer directement \u00e0 des troubles et des r\u00e9volutions. Les autres restent passifs et ne peuvent qu&#8217;approuver ou d\u00e9sapprouver. Et cela ne se produit que lors des p\u00e9riodes de fortes perturbations socio-\u00e9conomiques.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">On peut dire la m\u00eame chose de la population russophone des pays baltes. La plupart des anciens Russes ou des Russes pr\u00e9sum\u00e9s vivant sur ces territoires sont pleinement satisfaits de leur appartenance \u00e0 l&#8217;Union europ\u00e9enne. De plus, ils ne ressentent aucune pression. Il leur suffit de conna\u00eetre la langue officielle locale, qui est compr\u00e9hensible. Des exigences similaires existent dans tous les autres pays. Par cons\u00e9quent, pour mobiliser les Russes en Lituanie, en Lettonie et en Estonie, une campagne d&#8217;information et de propagande de grande envergure est n\u00e9cessaire. Et une campagne bien plus puissante que celles auxquelles les propagandistes russes ont recours quotidiennement. Ceci est impossible en raison des m\u00e9dias russes, car l&#8217;acc\u00e8s \u00e0 ces derniers est limit\u00e9 pour les citoyens russophones. De plus, la majorit\u00e9 d&#8217;entre eux, dans ces pays, ne s&#8217;y int\u00e9resse pas.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">De ce fait, les milieux de propagande russes doivent agir directement dans les pays baltes, en utilisant diverses organisations publiques, des propagandistes, les m\u00e9dias locaux et les institutions culturelles et \u00e9ducatives. Cependant, cela n&#8217;est possible que si les dirigeants du pays sont faibles et tol\u00e8rent les actions des rebelles, et s&#8217;ils b\u00e9n\u00e9ficient du soutien des autorit\u00e9s locales et des forces de s\u00e9curit\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">C&#8217;est pr\u00e9cis\u00e9ment la situation qui s&#8217;est d\u00e9velopp\u00e9e en Ukraine, notamment en Crim\u00e9e et dans le Donbass, \u00e0 la veille de la premi\u00e8re phase de l&#8217;agression russe en 2014. Comme nous nous en souvenons, le pr\u00e9sident de l&#8217;\u00e9poque, son gouvernement et les dirigeants des forces de s\u00e9curit\u00e9 ukrainiennes \u00e9taient pro-russes et agissaient dans l&#8217;int\u00e9r\u00eat de la Russie. Parall\u00e8lement, les soul\u00e8vements en Crim\u00e9e et dans le Donbass \u00e9taient efficacement organis\u00e9s par les autorit\u00e9s locales avec le soutien des forces de l&#8217;ordre de ces r\u00e9gions. Divers groupes pro-russes et purement russes y jouissaient \u00e9galement d&#8217;une grande libert\u00e9 d&#8217;action, incitant la population \u00e0 la r\u00e9bellion contre le gouvernement ukrainien.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans les pays baltes, les conditions propices \u00e0 une r\u00e9bellion sont inexistantes. Leurs gouvernements adoptent une position ferme et appliquent une politique d&#8217;\u00c9tat clairement d\u00e9finie. L&#8217;\u00c9tat est \u00e9galement soutenu par des forces de s\u00e9curit\u00e9, tant au niveau central que local, qui s&#8217;acquittent consciencieusement de leurs responsabilit\u00e9s en mati\u00e8re de protection de l&#8217;ordre constitutionnel et du maintien de l&#8217;ordre public. Par cons\u00e9quent, il n&#8217;existe en Lituanie, en Lettonie ni en Estonie d&#8217;organisations ou d&#8217;organes de propagande russes ou pro-russes susceptibles de provoquer des manifestations antigouvernementales de masse de la part des Russes locaux, et encore moins de s&#8217;emparer du pouvoir dans leurs communaut\u00e9s. De telles tentatives potentielles sont imm\u00e9diatement d\u00e9jou\u00e9es par les forces de s\u00e9curit\u00e9 et les forces de l&#8217;ordre, et les militants sont arr\u00eat\u00e9s ou expuls\u00e9s.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Contrairement \u00e0 la situation en Ukraine avant 2014, il est impossible pour des \u00ab petits hommes verts \u00bb d&#8217;infiltrer les pays baltes. Cela n\u00e9cessiterait au moins deux conditions pr\u00e9alables&nbsp;: la pr\u00e9sence d&#8217;une base militaire russe dans le pays et des fronti\u00e8res ouvertes avec la Russie. Depuis le d\u00e9but des ann\u00e9es 1990, aucune troupe russe n&#8217;est pr\u00e9sente en Lituanie, en Lettonie ni en Estonie. Non seulement leurs fronti\u00e8res sont ferm\u00e9es et \u00e9troitement surveill\u00e9es, mais elles sont \u00e9galement fortifi\u00e9es par des syst\u00e8mes d&#8217;obstacles artificiels. Aucun \u00ab petit homme vert \u00bb ne pourra franchir ces fronti\u00e8res. Th\u00e9oriquement, les Russes pourraient le faire via l&#8217;Europe. Mais cette option ne leur permettrait pas d&#8217;acheminer les armes et l&#8217;\u00e9quipement n\u00e9cessaires \u00e0 la prise de pouvoir.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Enfin, pour consolider leur emprise sur le pouvoir face \u00e0 la vive opposition des autorit\u00e9s centrales et de l&#8217;ensemble des forces de s\u00e9curit\u00e9, les rebelles ont besoin d&#8217;un soutien ext\u00e9rieur. C&#8217;est pr\u00e9cis\u00e9ment ainsi que la Russie a soutenu les rebelles du Donbass fin ao\u00fbt et d\u00e9but septembre 2014, en d\u00e9ployant ses troupes r\u00e9guli\u00e8res dans les r\u00e9gions de Donetsk et de Louhansk. L&#8217;Ukraine \u00e9tait alors impuissante \u00e0 emp\u00eacher cela, faute de forces suffisantes, et la fronti\u00e8re avec la Russie dans le Donbass \u00e9tait ouverte.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La Russie pourrait th\u00e9oriquement apporter une aide similaire aux rebelles en Lituanie, en Lettonie et en Estonie. Cependant, uniquement par des voies officielles, puisque, comme indiqu\u00e9 pr\u00e9c\u00e9demment, aucun \u00ab petit homme vert \u00bb ne pourra passer. Cela signifierait un conflit arm\u00e9 entre la Russie et l&#8217;OTAN. Autrement dit, un retour au sc\u00e9nario pr\u00e9c\u00e9dent, inacceptable pour la Russie compte tenu de son manque de forces et des actions fort probables de l&#8217;Alliance atlantique pour prot\u00e9ger ses membres.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Les guerres \u00ab hybrides \u00bb de la Russie<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Dans la situation actuelle, le seul moyen pour la Russie d&#8217;exercer une pression sur l&#8217;Europe et d&#8217;entraver ses efforts pour fournir une assistance militaro-technique \u00e0 l&#8217;Ukraine est d&#8217;intensifier les guerres \u00ab hybrides \u00bb contre les pays europ\u00e9ens.<\/strong> C&#8217;est pr\u00e9cis\u00e9ment ce qui se produit actuellement, sous la forme de divers actes de sabotage contre des entreprises produisant des armes pour l&#8217;Ukraine. En particulier, les services de renseignement russes ont r\u00e9cemment men\u00e9 des actes de sabotage contre plusieurs entreprises polonaises, allemandes, estoniennes, bulgares et danoises. Parmi celles-ci : en Pologne, le principal fabricant de drones, WB Group (WB Electronics), et son usine de composants d&#8217;h\u00e9licopt\u00e8res \u00e0 Lublin ; en Allemagne, l&#8217;entreprise de d\u00e9fense Rohde &amp; Schwarz et son usine de drones \u00e0 Munich ; en Estonie, Milrem Robotics, un important d\u00e9veloppeur de syst\u00e8mes robotis\u00e9s terrestres et de drones ; en Bulgarie, le fabricant d&#8217;obus d&#8217;artillerie EMCO ; en Italie, le fabricant de munitions KNDS Ammo Italy.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Par ailleurs, les services de s\u00e9curit\u00e9 ont d\u00e9jou\u00e9 des tentatives d&#8217;attaques contre des installations militaires au Danemark. Les g\u00e9ants britanniques BAE Systems et MBDA sont constamment menac\u00e9s de cyberattaques. L&#8217;attaque tr\u00e8s m\u00e9diatis\u00e9e contre un avion de transport ukrainien An-124 \u00e0 l&#8217;a\u00e9roport de Leipzig, en Allemagne, le 4 ao\u00fbt, a \u00e9t\u00e9 largement relay\u00e9e par les m\u00e9dias. Cependant, de telles actions russes n&#8217;ont aucune cons\u00e9quence r\u00e9elle et ne font que nuire \u00e0 la Russie. La coop\u00e9ration militaro-technique entre l&#8217;Ukraine et ses partenaires occidentaux non seulement ne diminue pas, mais se renforce. Parall\u00e8lement, en r\u00e9ponse aux actes de sabotage perp\u00e9tr\u00e9s par les services de renseignement russes, les pays europ\u00e9ens renforcent les sanctions contre la F\u00e9d\u00e9ration de Russie et r\u00e9duisent sa pr\u00e9sence diplomatique et informationnelle sur leur territoire. Par exemple, les autorit\u00e9s allemandes ont d\u00e9cid\u00e9 de fermer le consulat g\u00e9n\u00e9ral de Russie \u00e0 Bonn et de mettre fin \u00e0 l&#8217;accord relatif aux activit\u00e9s de la \u00ab&nbsp;Maison de la Russie&nbsp;\u00bb \u00e0 Berlin. Ces mesures prises par l&#8217;Allemagne et d&#8217;autres pays europ\u00e9ens ont re\u00e7u le plein soutien des \u00c9tats-Unis. Selon l&#8217;ambassadeur am\u00e9ricain aupr\u00e8s de l&#8217;OTAN, Michael Whitaker, Washington s&#8217;engage \u00e0 fournir toute l&#8217;assistance possible aux alli\u00e9s confront\u00e9s \u00e0 des incidents similaires.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Un autre axe des guerres \u00ab hybrides \u00bb men\u00e9es par la Russie consiste \u00e0 soutenir les forces pro-russes, d&#8217;extr\u00eame droite, d&#8217;extr\u00eame gauche et eurosceptiques en Europe. Les Russes esp\u00e8rent que ces forces acc\u00e9deront au pouvoir en Allemagne et en France \u00e0 l&#8217;issue des \u00e9lections de 2027. Elles pourraient effectivement recueillir le plus grand nombre de voix, mais leur influence sera contrebalanc\u00e9e par des coalitions parlementaires regroupant d&#8217;autres forces qui portent un regard critique sur la Russie actuelle. Par cons\u00e9quent, les guerres \u00ab hybrides \u00bb de Moscou, sous toutes leurs formes, n&#8217;ont produit aucun r\u00e9sultat tangible. Cela est d&#8217;autant plus vrai que l&#8217;OTAN et l&#8217;UE, ainsi que d&#8217;autres grandes puissances europ\u00e9ennes, s&#8217;efforcent activement de contrer la Russie. \u00c0 cette fin, le Centre europ\u00e9en de lutte contre les menaces hybrides a \u00e9t\u00e9 inaugur\u00e9 \u00e0 Helsinki, en Finlande, en 2017. Et en juin 2026, un Centre conjoint de lutte contre les menaces hybrides, impliquant tous les services de s\u00e9curit\u00e9 allemands, a \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9 en Allemagne. Ces deux centres fonctionnent avec succ\u00e8s et remplissent leurs missions.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Ainsi, la Russie a bel et bien des projets d&#8217;attaques contre l&#8217;Europe. Les Russes per\u00e7oivent l&#8217;Ukraine comme la prochaine \u00e9tape, apr\u00e8s la crise ukrainienne, de la mise en \u0153uvre militaire de leur politique n\u00e9o-imp\u00e9riale. Cependant, \u00e0 ce stade, la Russie cherche \u00e0 contraindre l&#8217;Europe \u00e0 cesser son soutien \u00e0 l&#8217;Ukraine par la force. De nombreux experts estiment que, pour y parvenir, la Russie pourrait recourir \u00e0 des frappes de missiles et de drones contre des cibles strat\u00e9giques europ\u00e9ennes, provoquer des conflits en Lituanie, en Lettonie ou en Estonie, suivis d&#8217;une intervention militaire, ou lancer des attaques cibl\u00e9es contre des pays voisins membres de l&#8217;OTAN et de l&#8217;UE. L&#8217;Alliance est consid\u00e9r\u00e9e comme incapable d&#8217;apporter une r\u00e9ponse ad\u00e9quate, car elle n&#8217;oserait pas s&#8217;engager dans une confrontation arm\u00e9e.<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Toutefois, tant que la guerre en Ukraine n&#8217;est pas termin\u00e9e, il est peu probable que les dirigeants russes d\u00e9cident de mettre en \u0153uvre leurs plans de cette mani\u00e8re. Aujourd&#8217;hui, l&#8217;Europe et l&#8217;OTAN sont tout \u00e0 fait capables de repousser la Russie, ce qui pourrait la placer dans une situation extr\u00eamement d\u00e9licate. Les Russes en sont conscients et tentent d&#8217;agir plus discr\u00e8tement par le biais d&#8217;op\u00e9rations \u00ab hybrides \u00bb, notamment en sabotant des installations militaires dans les pays europ\u00e9ens. Cependant, leurs efforts ne portent pas leurs fruits.<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: right;\"><strong>Yuri Ilchenko,<br \/>\n<\/strong>Institut de Politique Globale<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Yuri Ilchenko<\/p>\n<p>En ao\u00fbt-septembre 2026, les discussions concernant une possible attaque russe contre la Pologne ou les pays baltes dans un proche avenir ont refait surface dans les m\u00e9dias europ\u00e9ens et ukrainiens<\/p>\n","protected":false},"author":8,"featured_media":34474,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_crdt_document":"","ngg_post_thumbnail":0,"footnotes":""},"categories":[261,260],"tags":[268],"class_list":["post-34473","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-analitika","category-publikacii","tag-ilchenko","wp-image-borders"],"translation":{"provider":"WPGlobus","version":"3.0.2","language":"fr","enabled_languages":["uk","en","ru","fr","ar"],"languages":{"uk":{"title":true,"content":true,"excerpt":true},"en":{"title":true,"content":true,"excerpt":true},"ru":{"title":false,"content":false,"excerpt":false},"fr":{"title":true,"content":true,"excerpt":true},"ar":{"title":false,"content":false,"excerpt":false}}},"gutentor_comment":0,"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO plugin v27.3 - https:\/\/yoast.com\/product\/yoast-seo-wordpress\/ -->\n<title>La Russie osera-t-elle attaquer l&#039;Europe\u00a0? 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