Quelle victoire et quelle guerre Poutine

Quelle victoire et quelle guerre Poutine et sa Russie entendent-ils célébrer le 9 mai 2026 ?

Il est notoire que l’Union soviétique et ses alliés ont remporté la guerre contre le nazisme, qui s’est achevée en mai 1945, alors que la Russie n’existait pas encore.

De plus, les Ukrainiens contre lesquels la Russie moderne a lancé une guerre d’envergure en février 2022, ont également contribué de manière significative à la victoire sur le nazisme.

Dès lors, une question légitime se pose : sur quels fondements juridiques et moraux la Russie d’aujourd’hui peut-elle revendiquer cette victoire ?

Dans la même optique, il convient de s’interroger sur la légalité de l’accession de la Russie au Conseil de sécurité de l’ONU, siège précédemment occupé par l’URSS.

Ce qui n’a rien de surprenant. La grande majorité des Russes ont une mentalité kleptocratique. Ils cherchent constamment à s’approprier ce qui appartient à autrui. Il est notoire qu’après la Seconde Guerre mondiale, les Russes ont pris Königsberg aux Allemands, les îles Kouriles aux Japonais, et la Crimée ainsi qu’une partie de l’est de l’Ukraine aux Ukrainiens en 2014. On pourrait énumérer bien d’autres peuples et nations dont les Russes ont jadis pris les terres, qu’ils revendiquent aujourd’hui comme « terres originellement russes ».

De plus, les Russes revendiquent aujourd’hui également l’héritage historique ukrainien, propageant des récits extravagants sur leur prétendue filiation avec la Rus’ de Kiev, alors qu’il est de notoriété publique que, du temps de la Rus’ de Kiev, le terme « Russie » n’existait même pas. Certes, les Russes ont par la suite établi le tsarat de Moscovie, qui était à l’origine un ulus de la Horde mongole-tatare et n’est devenu un État indépendant que plus tard. À cet égard, ils devraient reconsidérer leur passé et revendiquer la légitimité d’être les héritiers de la Horde d’Or, et non de la Rus’ de Kiev.

À cet égard, je tiens à rappeler à la communauté internationale le caractère agressif et kleptocratique de la Russie contemporaine et l’impossibilité de dialoguer avec ses dirigeants actuels par la voie diplomatique et le droit international. Il est donc impératif de renforcer les sanctions contre la Fédération de Russie et d’unir les efforts des principaux États pour rétablir l’ordre et le droit internationaux, ainsi que pour instaurer une paix durable et une stabilité sociopolitique en Ukraine, en Europe et dans le monde entier.

Oleg Berezyuk,
Institut de Politique Globale

 

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