La deuxième journée de la Conférence de Munich sur la sécurité touche à sa fin
En fin de compte, on peut dire que tous les participants sont arrivés à la conclusion que l’Europe doit faire tous les efforts possibles pour assurer sa propre sécurité, mettre fin à la guerre en Ukraine et établir une paix juste et à long terme dans la région. Pour y parvenir, les pays occidentaux doivent accorder plus d’attention à leurs propres problèmes de sécurité, et alors aucun État autoritaire, en particulier la Russie, n’aura envie de les attaquer.
Il convient de rappeler que pendant les 30 ans qui ont suivi la fondation de la Conférence de Munich, ses participants étaient uniquement des dirigeants politiques, experts militaires, politologues et journalistes des pays de l’OTAN. Au début et au milieu des années 1990, ils ont été rejoints par des représentants de l’Ukraine, de la Russie, d’autres pays d’Europe de l’Est, ainsi que du Japon, de l’Inde et de la Chine.
Après l’effondrement de l’URSS, tout le monde à ce forum parlait de paix, et personne n’aurait pensé qu’au 21e siècle, la Russie pourrait déclencher une guerre aussi cruelle et sanglante au centre de l’Europe.

Le premier signal d’alarme est venu en 2007 lors de la Conférence de Munich sur la sécurité, où le président russe Vladimir Poutine a déclaré directement que la Russie ne voulait pas rester un étranger dans la politique mondiale et vivre dans un monde unipolaire. À l’époque, Poutine pensait que le principal concurrent de la Fédération de Russie sur la scène internationale était les États-Unis. Mais les dirigeants de ce pays n’ont pas pris au sérieux les paroles ambitieuses du président russe, compte tenu du retard économique et technologique de la Fédération de Russie.
De plus, dans les discours publics de Poutine, il y avait aussi des signes que la Russie allait bientôt mettre en œuvre ses plans impériaux, mais personne n’y a prêté attention non plus.
L’Occident n’a pris conscience de son erreur que le 24 février 2022, lorsque la Russie a lancé une invasion à grande échelle de l’Ukraine. Ses dirigeants ont alors commencé à menacer ouvertement l’OTAN, laissant entendre que la Russie souhaitait revenir à l’époque de la création d’une alliance défensive d’États socialistes, c’est-à-dire renouveler son influence sur les pays qui faisaient partie du Pacte de Varsovie.
Les Russes n’auraient jamais décidé de prendre une telle décision si, à l’époque, l’Ukraine et la Géorgie avaient été admoses à l’OTAN, mais les dirigeants de l’Allemagne et de la France, Angela Merkel et Nicolas Sarkozy, s’y sont ensuite catégoriquement opposés. Aujourd’hui nous récoltons tous les fruits amers de leur politique à courte vue et irresponsable.
Il est désormais évident pour tout le monde que la guerre de la Russie contre l’Ukraine est une tentative flagrante de Poutine de restaurer son influence dans l’espace post-soviétique et de ramener la Russie au statut de puissance mondiale qu’avait autrefois l’Union soviétique. C’est pourquoi les Russes, y compris leur président Vladimir Poutine, soulignent toujours et partout qu’ils sont les successeurs légaux de l’URSS.
Dans de telles circonstances, l’établissement et le maintien à long terme d’une paix juste en Europe ne sont possibles que grâce à des actions ciblées et coordonnées de l’Occident.
Il est tout d’abord nécessaire de prendre des mesures immédiates pour renforcer la capacité de défense de l’UE et admettre l’Ukraine, la Géorgie et la Moldavie dans l’OTAN.
Une alternative à cela est la création d’une nouvelle Union de Défense des pays européens qui permettra d’organiser une contre-action active et efficace aux plans agressifs des États totalitaires, en particulier de la Russie, et assurera une paix stable et à long terme en Europe, dans la région de la mer Noire, de la mer Baltique et de la mer Caspienne et dans d’autres régions adjacentes.
Oleg Bereziuk
Institut de Politique Globale