L’Europe doit adopter une vision plus large et créer une nouvelle architecture de sécurité

Une autre nuit difficile et troublante pour Kiev, mais nous avons surmonté ce coup dur. Que nous réserve l’avenir ?

Aujourd’hui, nous pouvons affirmer avec confiance que, cette fois encore, la frappe massive de missiles et de drones menée par la Russie n’a surpris ni effrayé personne en Ukraine. Elle n’a pas non plus impressionné l’Occident, et par conséquent, nos partenaires continueront de soutenir l’Ukraine dans sa juste guerre contre la Russie.

Par ailleurs, l’UE ne se repose plus uniquement sur les garanties de sécurité américaines et envisage sérieusement la création de son propre système de sécurité international.

L’Europe doit adopter une vision plus large et créer une nouvelle architecture de sécurité qui pourrait inclure l’Ukraine, le Royaume-Uni, la Norvège et d’autres partenaires.

Cette déclaration a été faite récemment par Benjamin Haddad, délégué français aux Affaires européennes, lors du forum GLOBSEC sur la sécurité, qui s’est tenu à Prague du 21 au 26 mai 2026.

L’ancien Premier ministre français, Michel Barnier, estime également que l’Ukraine devrait être intégrée au cadre intergouvernemental de sécurité européen avant même son adhésion à l’UE.

Compte tenu des déclarations de ces personnalités politiques françaises, ainsi que des positions de l’Allemagne et du Royaume-Uni, les perspectives de l’Ukraine dans ce conflit sont claires.

Quant à la Russie, son avenir est moins prometteur. Épuisée par la guerre contre l’Ukraine, elle devient de plus en plus dépendante de la Chine, qui ne soutiendra en aucun cas ses ambitions impériales, mais se servira de la Russie comme contrepoids à l’Occident, et ce, pour un temps limité. Le moment venu, la Chine reprendra à la Russie ses territoires historiques, et peut-être davantage, et tentera ensuite de faire de la Russie un simple fournisseur de matières premières.

La Russie a également commencé à perdre du terrain dans le Caucase. L’Arménie a déjà pris ses distances avec la Russie. La Géorgie devrait suivre prochainement.

Le Caucase du Nord mérite une attention particulière. Tant que les Russes pouvaient soutenir financièrement Kadyrov, la situation dans la région était relativement stable. Maintenant que 40 % de l’économie est consacrée à la guerre, une grave crise financière est à prévoir en Russie, contraignant ainsi les Russes à supprimer les subventions au Caucase du Nord provenant du budget central. Cette décision aura évidemment des conséquences politiques extrêmement négatives pour la Russie, mais compte tenu de la profondeur de la crise financière et économique, elle sera contrainte de prendre cette mesure. Par ailleurs, les facteurs démographiques et religieux sont particulièrement importants dans cette région. De ce fait, il faut s’attendre, dans un proche avenir, à des manifestations publiques de mécontentement massif envers la politique de Poutine et à l’activation de mouvements séparatistes, ou plus précisément, de libération nationale, dans le Caucase du Nord.

Très probablement, compte tenu de l’expérience historique et des particularités de la mentalité nationale des habitants du Caucase du Nord, la Tchétchénie, l’Ingouchie et le Daghestan seront les premiers à demander leur sécession de la Fédération de Russie. Il est difficile de dire exactement quand cela se produira, mais face au manque de succès manifeste des Russes dans la guerre contre l’Ukraine, le processus de désintégration de la Fédération de Russie est déjà enclenché et ses signes sont de plus en plus visibles. Il s’agit d’un empire russe en déclin. De ce fait, de nouvelles menaces et de nouveaux défis vont émerger dans le monde, auxquels nous devons nous préparer si nous ne voulons pas être laissés pour compte et périr sous les décombres dévastateurs de cet empire russe agonisant.

Oleg Berezyuk,
Institut de Politique Globale=

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