Les élections législatives sont prévues le 28 septembre en Moldavie
Il s’agit d’un événement crucial pour les Moldaves, car ses résultats auront un impact significatif sur leur vie et sur l’avenir politique du pays.
On sait déjà aujourd’hui que la Russie tente de regagner l’influence qu’elle exerçait dans la région à l’époque soviétique et investit donc des ressources importantes pour porter les forces pro-russes au pouvoir en Moldavie. De son côté, l’Ukraine n’est pas totalement indifférente à une telle évolution, car, en cas de guerre avec la Fédération de Russie, elle serait confrontée à une nouvelle menace d’invasion venant du Sud, où se pose alors le problème de la Transnistrie moldave qu’elle a effectivement occupée.
Il y a quelques jours, deux personnalités politiques moldaves se sont rendues en Ukraine : l’ancien ministre de la Défense moldave, Vitaly Marinuta, et le chef du parti des maires moldaves, la Ligue des villes et des communes, Alexandre Bujorian. Ils ont rencontré à plusieurs reprises des parlementaires et des responsables ukrainiens et, à l’issue de leur visite, ont tenu une conférence de presse à l’intention du public et des médias ukrainiens, au cours de laquelle ils ont présenté des informations sur la situation actuelle en Moldavie et les perspectives d’évolution politique dans leur pays.
Alexandre Bouzhorian et Vitaly Marinutsa ont accordé une attention particulière aux nouveaux défis et menaces qui pourraient résulter d’un changement radical de cap politique en Moldavie et de l’arrivée au pouvoir de forces prorusses. Les inquiétudes de ces politiciens moldaves patriotes d’orientation européenne sont compréhensibles. L’exemple de l’Abkhazie, de l’Ossétie du Sud et de la Tchétchénie occupée montre comment la Fédération de Russie exploite pleinement les ressources des États et territoires qui dépendent d’elle, y compris les ressources humaines, pour promouvoir ses ambitions impériales dans l’espace post-soviétique. La guerre en Ukraine illustre clairement comment les Russes se soucient des leurs citoyens, mais abandonnent au premier plan les Bouriates, les Iakoutes, les Tchétchènes, les Ingouches et autres représentants des petits peuples de Russie.
Si des forces pro-russes arrivent au pouvoir en Moldavie, il existe un risque réel d’escalade du conflit en Transnistrie et d’implication des Moldaves dans un nouvel affrontement armé. Dans de telles circonstances, toutes les parties prenantes doivent unir leurs forces et prendre des mesures pour stopper l’expansion russe et empêcher l’émergence d’un nouveau foyer de guerre en Europe centrale et orientale.
Un forum s’est récemment tenu à Tchernivtsi, déjà provisoirement baptisé « Triangle d’Odessa », où les questions de coopération trilatérale, notamment en matière de sécurité, ont été abordées au niveau des ministres des Affaires étrangères d’Ukraine, de Roumanie et de Moldavie. Il est évident que les forces combinées de l’Ukraine, de la Roumanie et de la Moldavie ne suffiront pas à organiser efficacement une riposte à l’agression russe et à garantir la paix et la stabilité à long terme dans la région. Il est donc nécessaire d’envisager d’élargir le cercle des États intéressés.
Les années précédentes, des tentatives ont été faites pour créer des blocs de sécurité anti-impérialistes similaires au niveau régional. On sait qu’à une époque, la Pologne avait activement promu l’idée d’« Intermarium ». Aujourd’hui, les appels à la création de l’« Intermarium » – une nouvelle association de sécurité des États de la région des Mers Baltique, Noire, Caspienne et Adriatique – se multiplient.Face au refus des États-Unis de jouer un rôle moteur dans la politique mondiale et à l’impuissance de l’ONU face à l’intensification de la politique étrangère agressive de la Fédération de Russie, cette idée paraît séduisante et prometteuse. Cependant, sa mise en œuvre concrète dépendra de la position des principaux pays de la région, notamment l’Ukraine, la Turquie, la Roumanie et la Pologne. Bien entendu, l’émergence d’une nouvelle alliance de sécurité à l’échelle régionale aura également des répercussions sur les processus géopolitiques mondiaux. Il est donc évident que la solution à ce problème dépendra largement de la position des acteurs politiques internationaux, notamment les États-Unis, le Royaume-Uni, la Chine et l’UE.
Dans le même temps, on peut déjà affirmer qu’après l’invasion de l’Ukraine par la Russie, le système moderne de sécurité et de droit internationaux a été complètement détruit. L’humanité doit donc conjuguer ses efforts pour trouver de nouvelles formes et méthodes permettant de garantir la paix, l’ordre international et la stabilité, tant au niveau régional que mondial.
Oleg Berezyuk,
Institut de Politique Globale.
Institut de Politique Globale.