La Russie attise une nouvelle guerre froide dans l’Arctique
L’Arctique, autrefois zone de faible tension et de coopération pragmatique, est devenu, depuis 2022, l’un des principaux théâtres de la compétition stratégique entre l’OTAN et la Russie. Les rapports des services de renseignement militaire, du Service de sécurité de la police (PST [1]) et de l’Agence nationale de sécurité (NSM [2]) norvégiens indiquent clairement que Moscou a adopté une offensive hybride. Le recours à des forces navales civiles à des fins d’espionnage, les pressions exercées sur le Svalbard et la menace de sabotage des infrastructures critiques sont autant d’éléments d’une nouvelle réalité où la Norvège devient la cible privilégiée de l’influence russe sur le flanc nord de l’Alliance.
Au début du XXe siècle encore, l’Arctique était perçu dans les débats internationaux comme une région périphérique, relativement stable et fondée sur une coopération pragmatique entre les États arctiques. Le fonctionnement de mécanismes tels que le Conseil de l’Arctique [3], les projets de recherche conjoints et la coordination des opérations de sauvetage ont contribué au discours de ce qu’on appelle l’exception arctique, selon lequel, même dans un contexte de tensions internationales, la région devrait demeurer une zone à faible risque de conflit. Cependant, comme le soulignent les analystes du Bloomsbury Institute for Intelligence and Security (BISI) [4], l’agression russe contre l’Ukraine en 2022 a entraîné l’effondrement définitif de ce paradigme.
La suspension de la coopération avec la Russie au sein du Conseil de l’Arctique et la limitation du dialogue militaire ont conduit à l’intégration de la région dans la logique plus large de la confrontation stratégique entre la Russie et l’Occident. En ce sens, elle n’est plus un théâtre d’opérations militaires distinct, mais une composante intégrante du système de sécurité euro-atlantique. Ces conclusions sont confirmées par les événements de ces dernières années. Les experts ont maintes fois constaté qu’après 2022, l’Arctique est devenu l’une des zones clés de la rivalité russo-OTAN et que la dynamique sécuritaire dans la région ressemble de plus en plus à celle d’autres « zones grises » dominées par des activités se situant en deçà du seuil du conflit ouvert.
L’importance de l’Arctique pour la Russie
Du point de vue de Moscou, l’Arctique revêt une importance fondamentale et multiforme. Comme l’indique le rapport de l’Agence norvégienne de renseignement de défense intitulé « Focus 2026 : Évaluation des défis sécuritaires actuels », la région constitue l’un des piliers de la doctrine militaire russe. Une part importante du potentiel de dissuasion nucléaire de la Russie est concentrée sur la péninsule de Kola et ses environs immédiats, notamment les sous-marins stratégiques de la Marine du Nord, son infrastructure de commandement, ses systèmes d’alerte précoce et ses éléments de défense aérienne et antimissile.
Parallèlement, l’Arctique revêt une importance économique et de communication capitale pour la Russie. La fonte des glaces et le changement climatique accroissent l’accessibilité de la région et allongent la saison de navigation, facilitant ainsi le développement de la Route maritime du Nord. Moscou considère cette route comme un outil potentiel pour renforcer sa position économique et géopolitique, en particulier face aux sanctions et à l’accès limité aux marchés occidentaux. Bien que ces ambitions soient, dans la pratique, limitées par des défis technologiques et financiers, cela n’entame en rien la détermination stratégique de la Russie dans la région.
La Norvège, cible prioritaire des services de renseignement russes
La Norvège joue un rôle particulier dans ce dispositif de sécurité. Selon l’Évaluation nationale des menaces établie par le PST, la Norvège est une cible privilégiée des services de renseignement russes. Oslo prévoit une augmentation significative de leurs activités en Norvège cette année, les régions septentrionales et l’archipel du Svalbard étant considérés comme particulièrement vulnérables.
D’après le PST, cette augmentation est directement liée au renforcement de la présence des alliés de l’OTAN dans la région [5], à la multiplication des exercices militaires [6] et au développement des infrastructures de défense critiques en Norvège. Le PST note que tous ces facteurs accroissent l’intérêt de la Russie pour l’obtention de renseignements, tant militaires que civils. La Russie considère la Norvège comme un pays particulièrement important pour trois raisons principales :
1. Sa situation géographique dans l’Arctique, à proximité immédiate d’installations militaires russes clés sur la péninsule de Kola et des zones d’opérations de la Marine du Nord, en fait un pays d’importance majeure.
2. La Norvège joue un rôle central en tant qu’exportateur majeur de gaz naturel vers l’Europe, un rôle devenu particulièrement important suite à la réduction des approvisionnements énergétiques en provenance de Russie et qui a renforcé sa position au sein du système de sécurité énergétique européen.
3. La Norvège sert de base logistique et opérationnelle à l’OTAN, permettant le déploiement de forces, l’entraînement et le maintien d’une présence alliée sur le flanc nord de l’Alliance.
Les analystes du PST notent que cette combinaison de facteurs militaires, énergétiques et logistiques place la Norvège dans le collimateur des activités de renseignement russes. Ces activités ne se limitent pas à l’espionnage classique, mais incluent également des cyberopérations, des tentatives de recrutement et des opérations d’influence visant à affaiblir la capacité de la Norvège à soutenir l’Ukraine et à saper la confiance du public dans les institutions étatiques.
Ces conclusions rejoignent les évaluations de grands groupes de réflexion, qui soulignent que la pression exercée sur la Norvège doit être considérée dans le contexte plus large de la stratégie russe visant à influencer les principaux pays européens soutenant activement l’Ukraine. Dans cette perspective, la Norvège n’est pas une fin en soi, mais plutôt un élément d’un ensemble stratégique plus vaste dans lequel Moscou cherche à affaiblir l’unité occidentale, à accroître le coût du soutien à Kiev et à tester la résistance des États membres de l’OTAN à une pression soutenue, sans toutefois déclencher un conflit armé ouvert.
Le Svalbard – une zone d’une sensibilité stratégique particulière
L’archipel du Svalbard occupe une place particulière dans les analyses des services de renseignement norvégiens. Les tensions croissantes entre la Russie et l’OTAN ont conféré à l’archipel une nouvelle importance stratégique. Son statut officiellement démilitarisé et le régime juridique spécial découlant du Traité du Svalbard [7] rendent l’archipel vulnérable aux opérations de renseignement et d’influence, selon les autorités norvégiennes.
D’après le PST, la Russie et la Chine manifestent un intérêt croissant pour les activités scientifiques, économiques et infrastructurelles menées au Svalbard. Ces activités pourraient servir de couverture pour obtenir des informations stratégiques. Ceci est conforme aux conclusions du rapport «Focus 2026», qui identifie le Svalbard comme une zone sensible où l’absence de présence militaire facilite les opérations menées en deçà du seuil de la guerre. Les services de renseignement militaire norvégiens notent que la Russie considère le Svalbard non seulement comme un objet d’intérêt opérationnel, mais aussi comme un moyen de tester la capacité de la Norvège à faire respecter sa souveraineté administrative et les règles qui en découlent. Dans ce contexte, le gouvernement norvégien a renforcé les contrôles sur la vente de biens immobiliers et de terrains dans l’archipel, craignant que de telles acquisitions n’aient des répercussions importantes sur la sécurité nationale.
Espionnage maritime et recours à une couverture « civile »
L’un des éléments les plus caractéristiques des activités russes actuelles dans l’Arctique, et extrêmement difficile à contrer, est le recours systématique à des ressources civiles pour les opérations de renseignement. Cela permet à Moscou d’opérer en deçà du seuil de la confrontation ouverte et d’éviter d’engager directement la responsabilité de l’État. Selon les analystes du PST, les citoyens russes servant comme membres d’équipage sur des navires marchands, de pêche et de soutien constituent une menace importante et croissante pour le contre-espionnage en Norvège.
D’après les services de renseignement norvégiens, ce mécanisme combine les activités de renseignement avec le trafic maritime de routine, ce qui complique considérablement leur détection et leur documentation. Les marins, techniciens et officiers de liaison russes [8] peuvent effectuer de la surveillance et collecter des données lors de voyages de routine sans avoir besoin d’unités militaires ou de recherche spécialisées. Ces activités comprennent la surveillance des mouvements des navires de l’OTAN, l’observation des infrastructures portuaires, la documentation des procédures de sécurité et l’identification des vulnérabilités des installations énergétiques et logistiques.
Les équipages russes ne se limitent pas aux navires battant pavillon russe. Ils travaillent de plus en plus sur des navires immatriculés dans des pays tiers, y compris des pays accordant des « pavillons de complaisance » [9], et, dans certains cas, également sur des navires travaillant pour des armateurs norvégiens ou internationaux. Ce type de comportement complique davantage l’identification de ces « marins » et rend difficile pour les agences gouvernementales d’évaluer si certaines activités sont de nature purement commerciale ou servent des objectifs de renseignement.
Selon les services de renseignement norvégiens, la présence d’équipages russes à bord de navires civils permet une reconnaissance systématique des infrastructures critiques, notamment les terminaux gaziers, les installations offshore, les câbles de télécommunications sous-marins et les oléoducs. Ces données, comme indiqué dans l’Évaluation nationale des menaces, pourraient avoir une double utilité : d’une part, elles pourraient être utilisées dans le cadre d’opérations de renseignement en cours et, d’autre part, elles pourraient servir de base préparatoire à d’éventuels actes de sabotage ou de pression hybride en cas d’escalade de la crise.
Le rapport du PST souligne également que l’utilisation de navires civils permet à la Russie de tester la réactivité des institutions norvégiennes chargées de la sécurité maritime, portuaire et énergétique. Même les opérations portuaires légales ou la maintenance programmée peuvent offrir l’occasion d’observer les procédures de réponse aux crises, les délais d’intervention et le degré de coordination entre les structures civiles et militaires. Comme le font remarquer les analystes, ces activités en temps de paix constituent de fait une reconnaissance supplémentaire des cibles menée d’une manière difficilement contestable au regard du droit international.
L’évaluation nationale des menaces susmentionnée identifie clairement les équipages russes à bord de navires civils immatriculés dans des pays tiers comme l’un des principaux défis pour la sécurité maritime de la Norvège en 2026. Le document indique que cela s’inscrit dans une stratégie russe plus large visant à combiner activités économiques, logistiques et de recherche avec des objectifs de renseignement. Cette stratégie permet des opérations de renseignement à long terme sans le risque politique associé à l’utilisation de moyens militaires visibles. Par conséquent, les services de renseignement norvégiens considèrent l’activité maritime civile russe non pas comme un incident isolé, mais comme une composante permanente et systémique de la compétition stratégique dans l’Arctique, exigeant un renforcement de la surveillance de contre-espionnage, une meilleure coordination civilo-militaire et une vigilance accrue face aux menaces émanant des acteurs opérant dans les secteurs maritime et énergétique.
Sabotage, cyberespace et opérations clandestines
L’activité russe dans l’Arctique prend de plus en plus la forme de démonstrations de force ostentatoires et s’inscrit de plus en plus dans la logique des opérations clandestines. Les services de renseignement norvégiens analysent différents scénarios, notamment les cyberattaques, le sabotage d’infrastructures critiques, la perturbation des systèmes de communication et les campagnes de désinformation. Le rapport du NSM intitulé « Risques 2026 » complète l’évaluation des menaces présentée dans d’autres rapports de renseignement en mettant moins l’accent sur les intentions des acteurs étatiques et davantage sur les vulnérabilités structurelles du système de sécurité norvégien. Le NSM souligne que le principal défi réside non seulement dans l’ampleur des actions hostiles potentielles, mais aussi dans la forte interdépendance des infrastructures énergétiques, numériques, de transport et logistiques, ce qui accroît la vulnérabilité de l’État aux perturbations localisées.
Selon le NSM, un État moderne fonctionne comme un système de systèmes, au sein duquel la perturbation d’un seul élément – même limité – peut entraîner des conséquences en cascade affectant d’autres secteurs de l’économie et de la gouvernance. Le rapport souligne que les infrastructures critiques de la Norvège, notamment les systèmes énergétiques, les réseaux de télécommunications et les solutions numériques utilisées dans l’administration publique et la logistique, sont de plus en plus intégrées, ce qui améliore l’efficacité mais accroît également le risque systémique.
Le NSM note que, dans un tel contexte, le sabotage ou les cyberattaques n’ont pas nécessairement besoin d’être d’envergure pour avoir des conséquences stratégiques. Une atteinte ciblée à certains nœuds, tels que les systèmes de contrôle, les centres de données ou les infrastructures de transport d’électricité, peut suffire à perturber l’approvisionnement en électricité, les communications ou les processus décisionnels. Ces scénarios sont particulièrement pertinents dans le contexte des menaces hybrides, qui, bien que n’entrant pas dans le cadre d’un conflit armé, peuvent engendrer d’importantes pressions politiques et économiques.
Le rapport « Risques 2026 » souligne également que les cyberattaques, le sabotage et la manipulation de l’information peuvent se renforcer mutuellement, aggravant ainsi les conséquences de la déstabilisation. Les défaillances techniques peuvent engendrer une incertitude sociale, miner la confiance dans les institutions étatiques et entraver la gestion de crise, ce qui, à son tour, accroît la vulnérabilité du pays face à de nouvelles pressions.
Cette forme d’influence séduit la Russie car elle lui permet d’agir sur les pays de l’OTAN sans avoir à déclencher explicitement les mécanismes de défense collective. Les pressions exercées par le sabotage, les cyberopérations ou les défaillances d’infrastructures permettent à la Russie de tester la résilience des États occidentaux, de les contraindre à supporter des coûts économiques et politiques supplémentaires et d’influencer le débat public, tout en maintenant un haut degré d’incertitude quant à l’auteur des actes.
Ainsi, comme le souligne le rapport du NSM, le principal défi pour la Norvège et ses alliés n’est pas seulement la protection des infrastructures critiques individuelles, mais aussi le renforcement de la résilience de l’ensemble du système, notamment la capacité à identifier rapidement les perturbations, à coordonner efficacement les actions entre les secteurs et à assurer la continuité de l’État face à une perturbation prolongée.
La réponse de l’OTAN et l’importance du théâtre d’opérations arctique
Face à la montée des menaces, des mesures sont prises. Début 2026, l’OTAN a commencé à planifier un renforcement de sa présence et de nouveaux mécanismes de sécurité dans l’Arctique, notamment un renforcement de la surveillance et de la coopération en matière de renseignement, ainsi que le développement de capacités de réponse aux menaces hybrides. Cependant, des experts cités par le BISI soulignent que le dialogue militaire limité et le manque de transparence dans la région accroissent le risque de malentendus et d’escalade incontrôlée. En ce sens, l’Arctique devient le laboratoire d’une nouvelle forme de compétition stratégique, dont les conséquences pourraient se faire sentir dans d’autres régions d’Europe, y compris sur le flanc oriental de l’OTAN.
Bien que ces processus soient concentrés dans le Grand Nord, leurs implications dépassent largement le cadre de l’Arctique. Le modèle d’opérations de la Russie dans la région, combinant espionnage, pressions économiques, sabotage et opérations d’influence, est également applicable à d’autres parties de l’Europe. L’intégration des conclusions des études «Focus 2026», «Évaluation nationale des menaces» et «Risques 2026», complétée par l’analyse du BISI, aboutit à une conclusion sans équivoque : la menace que représente la Russie dans l’Arctique est durable, systémique et croissante.
L’espionnage, le sabotage, les cyberopérations et la guerre hybride sont devenus des outils fondamentaux de cette rivalité, et la Norvège, avec l’archipel du Svalbard, se trouve désormais au cœur de l’une des zones les plus sensibles de cette confrontation. L’Arctique n’est donc plus une « région isolée », mais bien un élément central du système de sécurité européen et euro-atlantique, dont la stabilité influe directement sur la sécurité de l’OTAN dans son ensemble.
Volodymyr Palyvoda
Expert en relations internationales
Photo : Ukrinform
Notes :
[1] PST est l’acronyme de Politiets sikkerhetstjeneste (Service de sécurité publique). Ce service relève du ministère de la Justice et de la Sécurité publique. Fonctions : contre-espionnage, lutte contre le terrorisme, criminalité organisée, sécurité intérieure, protection de la famille royale et des hauts fonctionnaires.
[2] NSM est l’acronyme de Nasjonal sikkerhetsmyndighet (Service national de sécurité). Ce service de renseignement relève du ministère de la Justice et de la Sécurité publique. Fonctions : protection des informations classifiées, sécurisation des infrastructures numériques et développement de systèmes cryptographiques et de produits de sécurité de l’information.
[3] Le Conseil de l’Arctique est une instance intergouvernementale de haut niveau qui traite des questions relatives aux pays arctiques et à leurs peuples autochtones. Il réunit huit pays : le Canada, le Danemark, la Finlande, l’Islande, la Norvège, la Russie, la Suède et les États-Unis. Il comprend également plusieurs pays et organisations internationales ayant le statut d’observateur. En août 2024, le Conseil de l’Arctique a repris sa coopération avec la Russie, suspendue depuis mars 2022 suite au déclenchement de la guerre russo-ukrainienne.
[4] BISI est l’acronyme de Bloomsbury Intelligence and Security Institute (Institut de renseignement et de sécurité de Bloomsbury). Il s’agit d’un groupe de réflexion indépendant, fondé par des doctorants de l’University College of London, qui sert de plateforme de discussion et de réflexion sur les enjeux de sécurité les plus urgents au monde. Bloomsbury est un quartier de Londres abritant de nombreuses institutions culturelles, intellectuelles et éducatives.
[5] Début février 2026, le ministre britannique de la Défense, John Healey, a désigné la Russie comme la principale menace dans l’Arctique et a annoncé le renforcement de la présence militaire britannique dans la région. Concrètement, le Royaume-Uni prévoit d’augmenter le nombre de soldats britanniques en Norvège, passant de 1 000 à 2 000 hommes en trois ans.
[6] En mars 2026, la Norvège, la Finlande et la Suède accueilleront les importants exercices militaires de l’OTAN «Cold Response», qui permettront aux alliés de renforcer leur capacité à défendre des installations stratégiques dans les fjords et les montagnes. Le Royaume-Uni déploiera 1 500 fusiliers marins en Norvège. En septembre 2026, l’exercice «Lion Protector» se déroulera, déployant des centaines de soldats de la Force expéditionnaire conjointe (JEF), sous commandement britannique, en Islande, dans les détroits danois et en Norvège. L’objectif est de s’entraîner à la protection des infrastructures critiques contre les attaques et le sabotage et de renforcer les capacités conjointes.
[7] Le traité du Svalbard (Spitsbergen), signé le 9 février 1920, définit le statut juridique international de l’archipel. Ce traité établit la souveraineté norvégienne sur cet archipel, auparavant considéré comme une zone neutre, et accorde aux États signataires des droits égaux d’exploitation des ressources naturelles et des eaux territoriales de l’archipel. La Norvège s’engage à ne pas construire ni autoriser l’établissement de bases navales ou de fortifications sur le territoire de l’archipel et à ne pas l’utiliser à des fins militaires. L’URSS a adhéré au traité du Svalbard en 1935. En 1947, le Parlement norvégien a reconnu l’URSS, au même titre que la Norvège, comme un État ayant des intérêts économiques particuliers au Svalbard. Depuis 1991, ces droits ont été transférés à la Russie.
[8] Selon le vice-amiral Rune Andersen, chef d’état-major interarmées des forces armées norvégiennes, des communications hebdomadaires avec les forces militaires russes dans l’Arctique sont maintenues pour des raisons de sécurité. Le groupement militaire russe dans l’Arctique comprend le 14e corps d’armée, la 80e brigade indépendante de fusiliers motorisés et la base «Arctic Trefoil».
[9] Un « pavillon de complaisance » (ou « pavillon bon marché ») est un terme économique et juridique désignant un ensemble de conditions accordées par le gouvernement d’un pays aux propriétaires non résidents de navires étrangers qui acceptent de battre pavillon marchand du pays accordant ces conditions.